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Page mise à jour le 19/02/2026

Alcool en entreprise : comment prévenir et agir ?

La consommation d’alcool au travail constitue un risque professionnel majeur et un enjeu de sécurité pour toutes les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur. Mettre en place un cadre clair et des actions de prévention n’est pas seulement une obligation légale, c’est un levier stratégique pour protéger vos équipes et votre performance.

© Adobestock

Au sommaire de cet article : 

Pourquoi l’alcool en entreprise est un enjeu majeur ? 

La consommation d’alcool au travail peut altérer le fonctionnement général de l’entreprise : baisse de vigilance, erreurs, retards, tensions au sein des équipes et augmentation des risques d’accident. Autant d’effets qui affectent concrètement la performance et la sécurité au travail.

Quels risques pour l’entreprise ?

Les risques liés à la consommation d’alcool sont multiples, tant pour les salariés que pour l’employeur.

  • Le risque d’accidents du travail graves est multiplié par 2 dès lors qu’il existe une consommation d’alcool hebdomadaire excessive (au moins 2 verres par jour chez les femmes et 4 verres par jour chez les hommes)(1) ;
  • 11 % des femmes cadres présentent une consommation d’alcool à risque, un taux confirmé par la MILDECA(1)

Le stress, la pression professionnelle ou certaines conditions de travail (horaires décalés, pénibilité, exposition aux conflits…) constituent des facteurs qui augmentent la vulnérabilité aux conduites addictives.

Conséquences pour l’entreprise

La consommation d’alcool expose à :

  • Des accidents du travail, une baisse de vigilance et des comportements dangereux ;
  • Une baisse de performance, erreurs professionnelles et absentéisme ;
  • Une dégradation du climat de travail et une atteinte potentielle à l’image de l’entreprise ;
  • Un risque juridique pour l’employeur, tenu par une obligation de sécurité envers ses salariés (Code du travail). En cas de manquement, la responsabilité civile ou pénale peut être engagée. 

Responsabilité de l’employeur : les règles à connaitre 

L’employeur doit protéger la santé et la sécurité des salariés. Cette obligation inclut la prévention des conduites addictives, dont la consommation d’alcool. En cas d’accident impliquant un salarié alcoolisé, la responsabilité de l’employeur peut être engagée au titre de l’obligation de sécurité. 

Que dit la loi ?

Le Code du travail encadre strictement l’introduction et la consommation d’alcool au sein de l’entreprise. Selon l’article R.4228 20, seules quatre boissons alcoolisées peuvent être tolérées sur le lieu de travail : vin, bière, cidre et poiré. Toute autre boisson alcoolisée est strictement interdite. 

Cette disposition permet aux employeurs de s’appuyer sur un cadre légal clair pour instaurer des règles adaptées à leur activité.

Encadrer la consommation d’alcool via le règlement intérieur

Pour prévenir les situations à risque, il est fortement recommandé — et obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés — d’inscrire des règles précises dans le règlement intérieur. Celui ci peut préciser :

  • Les conditions ou limites de consommation (par exemple lors d’évènements internes ou dans certaines zones) ;
  • Les espaces concernés (espaces collectifs, réfectoire, etc.) ;
  • La possibilité de recourir à des contrôles par éthylotest, lorsqu’ils sont justifiés par la nature du poste et les risques encourus.

Toute mesure d’interdiction ou de restriction doit rester proportionnée au degré de dangerosité du poste, comme le rappelle la MILDECA, qui souligne l’importance d’un cadre préventif clair pour limiter les risques liés aux substances psychoactives en milieu professionnel.

Les mesures de prévention à mettre en place 

Au delà du cadre réglementaire, quelques actions simples permettent de réduire durablement les risques liés à l’alcool au travail.

1. Sensibilisation des équipes 

L’INRS recommande :

  • Affichages et campagnes internes pour rappeler les repères de consommation et les dangers au travail ; 
  • Ateliers d’échanges ou réunions d’équipe, permettant de libérer la parole et d’aborder les situations du quotidien ; 
  • Diffusion d’informations pédagogiques (brochures, témoignages, supports de prévention). 

Ces actions favorisent une prise de conscience collective et aident à repérer plus tôt les comportements à risque.

2. Construire un plan de prévention de l'alcool en entreprise

Ce plan doit être écrit et élaboré conjointement entre la direction, les représentants du personnel (DP, CHSCT) et la médecine du travail. Il peut définir : 

  • Des actions de prévention ;
  • Les modalités de sanctions disciplinaires ;
  • Les procédures de retrait du poste ;
  • Les procédures de dépistage ;
  • Les règles lors d’évènements internes. 

Les entreprises de plus de 50 salariés peuvent pour cela créer un comité de pilotage, tandis que les TPE peuvent envisager une démarche interentreprises, avec l’aide du service de santé au travail.

3. Former l’encadrement au repérage et à la gestion des situations à risque

Au delà des règles et de la sensibilisation générale, il est essentiel de former les managers, encadrants et référents RH au repérage précoce des comportements pouvant évoquer une consommation problématique (désorientation, propos incohérents, gestes imprécis, irritabilité inhabituelle, etc.).

Une formation dédiée permet de :

  • Identifier les signes d’alerte ;
  • Savoir comment intervenir sans jugement ;
  • Connaître les procédures internes (alerte, retrait du poste si nécessaire) ;
  • Orienter vers le service de santé au travail ou un professionnel compétent ;
  • Gérer la situation dans le respect du salarié et du cadre légal.

Comment agir face à une situation à risque ? 

Lorsqu’un salarié présente des signes d’ivresse ou qu’un test s’avère positif, l’employeur doit agir rapidement pour garantir la sécurité. 

Les réflexes immédiats :

  • Le salarié doit cesser son activité immédiatement ;
  • Il ne doit pas repartir seul : prévoir un raccompagnement ;
  • L’accès à l’entreprise peut être refusé en cas d’ivresse manifeste

L’employeur peut ensuite échanger avec le salarié pour rappeler les obligations, comprendre la situation, et l’orienter vers la médecine du travail si nécessaire. 

Des aides externes existent également : associations spécialisées comme l’ANPAA, services de santé au travail, ou encore formations interentreprises proposées par les fédérations professionnelles. 

La gestion de l’alcool au travail ne repose pas uniquement sur la sanction : c’est avant tout une démarche de prévention, de dialogue et d’encadrement clair. En définissant des règles adaptées, en sensibilisant vos équipes et en réagissant avec méthode face aux situations à risque, vous sécurisez votre entreprise tout en protégeant vos salariés.

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