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Produits phytopharmaceutiques : vers un usage réduit

Le CEPP, Certificat d’économie de produits phytopharmaceutiques, est testé depuis 2016 dans le cadre de la politique publique portée par Écophyto II. Quel est l’impact dans votre activité en tant qu’utilisateur de ces produits ? Quelles seraient les bonnes pratiques à adopter peu à peu ?

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Le plan Écophyto II vise une réduction de moitié de l’utilisation de produits phytosanitaires en France d’ici à 2025.
© Aluxum / Istock

Qu’est-ce que le CEPP ?

Le CEPP ou Certificat d’Économie des Produits Phytopharmaceutiques est une mesure phare du plan Écophyto II. Son expérimentation, prévue pour durer cinq ans, est inscrite dans la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt de 2014.

Ce dispositif innovant a pour objectif d’accompagner les agriculteurs dans la mise en œuvre de pratiques plus économes en produits phytopharmaceutiques, tout en maintenant un niveau de production élevé en quantité et en qualité.

Conçu sur le modèle des certificats d’économie d’énergie, le CEPP renforce le rôle des distributeurs de produits phytopharmaceutiques, seuls obligés du dispositif à ce jour. Sous peine de pénalité financière(1), ils sont en effet tenus de conseiller et promouvoir les vingt actions standardisées du dispositif – déjà expérimentées avec succès par des utilisateurs pionniers – auprès de leurs clients agriculteurs.

(1) Pour en savoir plus

Bon à savoir

Moins 50 % de produits phytosanitaires utilisés en France en 2025(2) par rapport à 2008 : c’est l’objectif fixé par le plan Écophyto II présenté en 2015 en relais du premier plan Écophyto, lancé en 2008 après le Grenelle de l’Environnement.

(2) Source : www.onema.fr

Premiers pas : et si vous piochiez dans les bonnes idées du CEPP ?

Vingt actions sélectionnées par le ministère de l’Agriculture, sur propositions d’agronomes et après une évaluation indépendante, ont été retenues dans le cadre du CEPP. À charge pour les distributeurs de produits phytopharmaceutiques de les promouvoir auprès de leurs clients.

Destinées à des filières variées, toutes ces actions proposent un système de substitution partielle ou totale à l’apport de produits phytosanitaires. Et si vous vous en inspiriez ?

Exemple : un filet anti-insecte pour lutter contre le carpocapse
L’action n° 1 propose aux arboriculteurs de poser des filets anti-insecte à mailles fines autour des parcelles ou des rangs de leurs vergers de pommiers. Ces filets constituent une barrière physique contre le carpocapse, insecte dont la chenille se développe à l’intérieur des fruits.

Retrouvez la liste complète des actions standardisées du CEPP.

Emboîter le pas aux trois mille fermes du réseau Dephy ?

Comment changer de pratique ? À quel prix ? Pour quelles économies ? Le recul est encore limité pour bénéficier de données statistiques complètes sur ces questions. Cependant, les agriculteurs candidats à la réduction d’apports phytopharmaceutiques peuvent d’ores et déjà s’appuyer sur les retours d’expériences du réseau Dephy.

Créé en 2009, dans le cadre du premier plan Écophyto, Dephy est un réseau destiné à réduire l’usage des pesticides en agriculture. Il est constitué de trois mille fermes dites « pionnières » ou « modèles », situées en France métropolitaine et en outre-mer. Afin de faciliter la diffusion des bonnes pratiques, chacune de ces fermes modèles accompagne une dizaine d’autres exploitations dans leur transition.

À retenir

  • Les résultats relevés entre 2012 et 2014 au sein du réseau Dephy rapportent une diminution du nombre de traitements aux produits phytosanitaires de l’ordre de :

- 10 % en grandes cultures et polyculture-élevage ;

- 12 % en arboriculture et en viticulture ;

- 15 % en culture légumière ;

- 22 % en canne à sucre ;

- 38 % en horticulture.

  • Dans les filières polyculture-élevage, arboriculture et viticulture, la moitié des exploitations engagées dans la transition ont atteint en trois années des systèmes économes en produits phytosanitaires.

Source : Bilan Dephy, mars 2016.

Pour en savoir plus sur le réseau Dephy et découvrir des témoignages des agriculteurs membres.

Quelque 4 000 produits autorisés en France

Les produits phytopharmaceutiques – dits aussi « phytosanitaires » – appartiennent à la famille des pesticides. Composés d’une ou de plusieurs des 423 substances actives autorisées au niveau européen, ces produits sont destinés à :

  • protéger les végétaux ou les produits végétaux contre les organismes nuisibles ;
  • exercer une action sur les processus vitaux des végétaux ;
  • assurer la conservation des produits végétaux ;
  • détruire les végétaux indésirables ;
  • freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux.

Source : « Tout savoir sur les pesticides et leurs autorisations de mise sur le marché » article mis en ligne en 2013 sur Alim’agri, le site du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de le Forêt. http://agriculture.gouv.fr

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Liens utiles

Pour tout savoir sur les expérimentations mises en place dans le cadre du CEPP :

  • Écophytopic, le portail de la protection intégrée des cultures, porte le Plan Écophyto, lui-même artisan du CEPP. L’ensemble est piloté par le ministère de l’Agriculture, avec l’appui de l’Office national de l’Eau et des Milieux Aquatiques
  • Alim’agri, le site du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, consacre une rubrique à l’actualité du Plan Ecophyto