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Comment relever les défis d’une conversion à l’agriculture biologique ?

Si la conversion à l’agriculture biologique est avant tout une source de nouvelles opportunités, elle représente aussi un défi de taille. Modification des techniques agricoles, changement du circuit de distribution, nouvelles démarches administratives ou encore contrôles renforcés : autant de challenges qu’il convient d’anticiper et de relever pour garantir la réussite de votre transition vers le bio.

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Pour bénéficier pleinement des atouts de l’agriculture biologique, il est conseillé d’anticiper un certain nombre de défis pendant la période de conversion.
©iStock - tomasworks

Transition vers l’agriculture biologique : les challenges à relever

Si le passage à l’agriculture biologique présente de nombreux atouts (meilleure valorisation de la production, plus grand respect de l’environnement, etc.), c’est aussi un projet de longue haleine. Les défis à relever sont nombreux durant la période de conversion, mais également par la suite :

  • Une conversion longue : durant la période de conversion, vous vendez votre production au prix habituel, bien que vous ayez déjà l’obligation de travailler selon les règles de l’agriculture biologique. Pensez donc à anticiper cette situation, d’autant plus qu’elle dure entre 6 mois et 1 an pour de l’élevage et jusqu’à 3 ans pour du végétal ;
     
  • Un nouveau modèle d’activité : la transition vers l’agriculture biologique nécessite de repenser votre stratégie économique, notamment car vous devrez faire face à un rendement plus faible. D’un point de vue logistique, vous devez également envisager du changement, en ce qui concerne vos circuits de distribution, de commercialisation et d’approvisionnement par exemple. N’oubliez pas non plus qu’il vous faudra traiter avec de nouveaux interlocuteurs, tels que des coopératives et des magasins spécialisés ;
     
  • Une fragilité accrue : l’interdiction d’utiliser des produits de synthèse (engrais, pesticides, etc.) peut rendre votre production plus fragile face aux aléas climatiques, aux parasites, voire aux maladies. En végétal comme en animal, il est donc conseillé d’adopter de nouvelles pratiques (fertilisation naturelle, rotation des cultures, distanciation avec des exploitations non biologiques, etc.) ;
     
  • Des investissements indispensables : pour répondre au cahier des charges de l’agriculture biologique, il est possible que vous ayez besoin d’acquérir de nouvelles machines, de recruter de la main-d’œuvre ou encore d’agrandir votre surface d’exploitation. D’où l’importance de bien anticiper ces différents postes avant de vous lancer ;
     
  • Des contrôles renforcés : au quotidien, vous devez avoir des pratiques exemplaires car les exploitations biologiques font l’objet d’un contrôle au moins tous les ans et de visites inopinées. Dans le cas contraire, vous pourriez vous exposer à diverses sanctions, dont la requalification de votre ferme par exemple.

La formation : levier indispensable d’une conversion bio

En tant qu’exploitant agricole, le passage au bio suppose souvent une nouvelle façon de travailler, voire l’apprentissage d’un métier différent. C’est l’occasion de vous former à de nouvelles pratiques et connaissances :

  • Les différentes techniques d’agriculture biologique : selon vos contraintes et objectifs, vous pouvez vous former non seulement aux grandes règles de la production biologique, mais aussi à ses techniques spécifiques. L’agroécologie (recours maximal à la nature comme facteur de production), la biodynamie (utilisée notamment en viticulture), la permaculture (création d’écosystèmes respectant la biodiversité) et l’agroforesterie (association d’arbres avec les cultures végétales ou animales) sont quelques exemples de pistes envisageables ;
     
  • La gestion durable des ressources : la formation vise également à appréhender des techniques naturelles, notamment en ce qui concerne la gestion des ressources utilisées par l’exploitation. Au-delà de l’irrigation qui doit être plus responsable, l’agriculture biologique nécessite par exemple d’adopter des méthodes de fertilisation naturelle (compost, engrais verts, etc.) ou de mettre en place un cycle de rotation des cultures (luzerne, puis maïs, puis blé, etc.) ;
     
  • La préservation de la biodiversité : en tant qu’exploitant bio, vous devez également apprendre à mieux protéger les écosystèmes. Cela passe par de nouvelles techniques de travail du sol, l’usage d’insectes pour lutter contre les adventices, le recours à des traitements phytosanitaires naturels ou encore l’association de cultures complémentaires (céréale et légumineuse par exemple) ;
     
  • L’itinéraire technique : de nouveaux protocoles de culture peuvent également être adoptés en bio, tant pour protéger la production que pour en augmenter le rendement. Vous pouvez ainsi vous familiariser avec des techniques spécifiques, que ce soit en ce qui concerne le plan de culture, les semis et la plantation, l’entretien et même la récolte et le stockage. 

Le suivi d’une formation à l’agriculture biologique est bien souvent essentiel pour appréhender ces nouvelles techniques agricoles, quelle que soit votre expérience. Pour trouver un cursus adapté à vos enjeux et contraintes, n’hésitez pas à vous mettre en relation avec la Chambre d’agriculture de votre région. De plus, cet organisme pourra vous indiquer les éventuelles aides dont vous pouvez bénéficier pour vous former :

  • Le fonds de formation VIVEA ;
  • Le crédit d’impôt formation ;
  • L’aide au remplacement.

L’accompagnement : passage évident d’une transition bio réussie

Au-delà de l’apprentissage de nouvelles techniques agricoles, la transition vers le bio implique de nouvelles tâches d’ordre administratif, économique, réglementaire ou encore commercial. Pour les relever et passer à l’agriculture biologique, vous pouvez être accompagné à toutes les étapes de votre projet de conversion. Plusieurs interlocuteurs sont là pour vous aider :

  • La Chambre d’agriculture de votre région ;
  • La FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) ;
  • Les groupements d’agricultures biologiques, tels que le GRAB (Groupe de recherche en agriculture biologique) et la FRAB (Fédération régionale d'agriculture biologique) ;
  • Les alternatives commerciales : à titre d’exemple, la marque BioDemain s’engage à acheter les produits en conversion à un prix équitable, avant de les commercialiser en son nom.

Bon à savoir

Les Chambres d’agriculture s’engagent à réaliser 40 000 accompagnements techniques bio entre 2021 et 2025(1).

(1) Source : Proposer à tous les agriculteurs un accompagnement spécifique à la conversion bio - Chambres d’agriculture – 2020

Selon vos besoins, l’accompagnement pour la conversion et la certification en agriculture biologique peut d’ailleurs prendre de nombreux visages :

  • Des rencontres avec des agriculteurs déjà convertis ou en cours de conversion (visite de ferme, parrainage, etc.) ;
  • L’accès à un pôle de conversion afin d’être mis en relation avec différents acteurs du circuit (Chambres d’agriculture, centres de gestion, opérateurs économiques, banques, coopératives, etc.) ;
  • La réalisation d’études de faisabilité : pré-diagnostic, diagnostic ou encore simulation technico-économique ;
  • Le suivi administratif : notification auprès de l’Agence Bio, aide dans la sélection d’un organisme certificateur, suivi de votre demande d’aide, etc.

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(1) Dans les conditions, limites et exclusions de garanties fixées au contrat.