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Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Mieux gérer son rapport à la performance

La compétitivité nous invite au dépassement mais peut aussi nous faire chuter, quand elle devient une fin en soi.

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Culte à la performance et injonction de réussite peuvent dans certains cas être contre-productifs.
© Andresr / Shutterstock

L’exigence du « toujours plus »

Notre société voue un culte à la performance. Scolarité, carrière, physique, sport, l’injonction de réussite est partout présente.

L’entreprise n’échappe pas à la règle. A la recherche de croissance à deux chiffres s’ajoute la quête de l’excellence opérationnelle, celle du produit zéro défaut ou du meilleur service. L’entreprise est entrée dans la dynamique de l’amélioration continue.

Cette quête du « toujours plus, toujours mieux » invite au dépassement et à donner le meilleur de soi mais elle peut aussi devenir contre-productive quand on se retrouve dans une attitude mentale extrême. C’est le cas, si la performance devient un impératif catégorique.

Une injonction toxique

Psychiatre et spécialiste du stress, le Dr Patrick Légeron invite ainsi les chefs d’entreprise à surveiller leur voix intérieure et le glissement souvent insidieux de pensées combatives vers des messages de plus en plus anxiogènes « Je vais gagner ce contrat » vers « Je dois absolument gagner cette affaire » qui devient « Décrocher ce contrat est une question de vie ou de mort ». L’injonction de réussite est telle que, outre le mal-être émotionnel, la pression induite par la quête du succès devient nuisible.

« En psychologie, on parle de l’anxiété de performance : plus on se dit qu’il faut réussir, moins on y arrive », explique le Dr Légeron. Les coachs sportifs le savent bien car ils manient la notion de performance avec précaution. La frontière est parfois mince entre le record et l’effondrement du champion.

De l’exigence vers la préférence

Plus que la situation elle-même, ce sont nos pensées, nos injonctions de performance qui nous mettent en situation de stress et finissent par être contre-productives.

S’il ne s’agit pas de renoncer à être compétitif, il est souvent plus efficace d’assouplir son schéma de réussite en évoluant d’un diktat de l’exigence vers un schéma de la préférence. « Je dois gagner coûte que coûte ce contrat » devient « ce serait formidable si je pouvais le décrocher ».
« N’oublions jamais, rappelle le psychiatre, que c’est nous-même qui nous imposons ces exigences, même si notre environnement nous y incite, et que nous pouvons décider de les atténuer, sans pour autant les sacrifier ».

(merci au Docteur Patrick Légeron, psychiatre, fondateur du Cabinet Stimulus, auteur de « Le stress au travail, un enjeu de santé », éditions Odile Jacob)