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Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Incendie sur un chantier : la vigilance est de mise

Les incendies sur les chantiers sont peu fréquents mais leurs conséquences peuvent être très lourdes : bâtiment détruit, retard dans la livraison d’un bâtiment, pénalités de retard, impact sur les charges d’exploitation… Comment prévenir ce risque ?

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Pour limiter le risque d’incendie sur un chantier, l’analyse des risques est la première des préventions.
© Susan Chiang/ iStock

Conseil n°1 : analyser les risques

À savoir : plus d’un tiers des incendies sur les chantiers proviennent de travaux par points chauds.

Plusieurs dizaines de corps d’état peuvent intervenir sur un même chantier mais l’intervention de certains présente plus de risques :

  1. Certains métiers sont plus à risques que d’autres
    • Les maçons car ils manipulent des outils tels que les tronçonneuses-meuleuses, sources d’étincelles…
    • Les plombiers-chauffagistes car ils travaillent par point chaud.
    • Les couvreurs-zingueurs car ils manipulent également des outils pouvant déclencher des étincelles mais aussi des solvants, des colles…
    • Les étancheurs car ils se servent de chalumeaux pour appliquer des matières bitumineuses en fusion…
       
  2. Les sources d’inflammation sont nombreuses sur un chantier
    • thermique : les appareils de chauffage, les flammes nues, les travaux par point chaud,
    • électrique : les étincelles produites par des arcs électriques ou la surcharge électrique,
    • mécanique : les étincelles résultant de machines telles que les tronçonneuses, les meuleuses…
    • climatique : la foudre,
    • chimique : les solvants, les colles utilisés sur les chantiers,
    • humaine : la cigarette ou l’allumette…

Certains de ces risques peuvent également survenir dans les bases-vie, installations provisoires contigües aux chantiers : réfectoires, vestiaires, logements…

Conseil n°2 : prévenir les risques

On dénombre un incendie sur un chantier tous les 3 jours en région Paris Ile-de-France, selon la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. Lors d’un chantier, il est possible d’agir de deux manières.

Lors d’un chantier, il est possible d’agir de deux manières.

  1. La prévention active
    Elle consiste principalement à anticiper l’installation de certains équipements qui peuvent assurer une meilleure protection du bâtiment en cas d’incendie durant le chantier. Par exemple, mettre en place le réseau d’adduction d’eau au fur et à mesure de l’avancement du chantier.
     
  2. La prévention passive
    Elle ressort essentiellement du bon sens : il s’agit d’éviter les interactions qui peuvent être dangereuses. Par exemple, éviter de stocker des produits chimiques à côté de points de travail qui risquent de créer de la chaleur ou des étincelles ou encore éviter le surstockage de ces mêmes produits.

Conseil n°3 : établir un permis de feu, obligatoire si des travaux par points chauds doivent être réalisés sur le chantier

Avant le lancement d’un chantier, il faut évaluer les risques et vérifier que les équipements adaptés sont bien en place : extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres au minimum, trousse de premier secours, etc.

Si des travaux par points chauds sont prévus sur le chantier, le chantier requiert l’utilisation de points chauds, soudage ou tronçonnage par exemple, un « permis de feu » est exigé.

L’objectif de ce document administratif est :

  • d’inventorier les différentes étapes où une attention plus importante doit être apportée,
  • d’analyser l’environnement – matières, matériaux à risques,
  • de formaliser les mesures de prévention – éviter d’installer un établi au mauvais endroit, ne pas entreposer de bidons de diluant à côté d’une zone où des travaux par points chauds sont prévus, par exemple…

Il doit être cosigné par les intervenants : le donneur d’ordre, le dirigeant de l’entreprise chargé des travaux et l’agent veillant à la sécurité des travaux.

Le permis de feu peut figurer dans le Plan d’Hygiène et de Sécurité.

Conseil n°4 : apporter une vigilance particulière en fin de chantier

La multiplication des corps de métier et la présence de nombreux matériaux sont les premières causes des incendies, notamment en fin de chantier. Certes, si le Code du travail s’applique, il n’y a pourtant pas d’obligation technique particulière à cette phase du chantier.

De la Maison de la Radio fin 2014 au Parc Commercial de la Villette ou à la Basilique de Nantes durant l’été 2015, de récents incendies qui ont fait la Une de l’actualité. ont eu lieu en fin de chantier.

Avis d’expert

Albert Bacqueville, Expert sinistres MMA

« Travailler sur un chantier, c’est un peu comme être au volant. Il faut une vigilance de tous les instants, il faut rester maître du risque : pour cela, il faut réfléchir aux risques que représente toute intervention même minime… On peut lister trois priorités sur un chantier pour limiter le risque d’incendie : bien analyser les risques pour mieux les prévenir, ne pas négliger le permis de feu et être vigilant en fin de chantier. »

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