Connexion Pro

Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Lutter contre le stress en exprimant ses émotions

Le stress est intimement lié à nos états émotionnels. En apprenant à être à l’aise avec nos émotions et à les verbaliser, il est possible de réduire significativement son niveau de tension. Explications avec le Dr Patrick Légeron, médecin psychiatre.

lutter-stress-dirigeant

Exprimer ses émotions pour mieux les évacuer est une bonne technique anti-stress.
© Alphaspirit / Shutterstock

Stress interne

Inquiétude à propos d’un contrat, agacement vis-à-vis d’un client ou colère contre un membre de l’équipe, le chef d’entreprise n’est pas un surhomme toujours en maîtrise de son ressenti. Ignorer ses émotions, les refouler, génère des frustrations, un stress interne qui s’avère nuisible à l’équilibre et peut aussi se retourner contre l’entourage sous forme d’une explosion différée.

Être à l’aise avec ses émotions

« Apprendre à être à l’aise avec ses émotions est le premier pas pour mieux les vivre, explique le Dr Patrick Légeron, médecin psychiatre. Cela implique d’abord de savoir les reconnaître et les accepter. C’est loin d’être toujours le cas : qui n’a pas rencontré une personne hurlant tout en expliquant qu’elle n’est pas en colère ou quelqu’un de frustré par une situation qui prétend que cela n’a pas d’importance… ? ».

Reconnaître nos émotions suppose aussi de ne pas porter de jugement sur celles-ci, même si elles peuvent nous paraître disproportionnées au regard de la situation. « On peut très bien être agacé par quelque chose que l’on sait insignifiant, explique le psychiatre. C’est comme ça, notre cerveau rationnel (cortex cérébral) se distingue de notre cerveau émotionnel ( le système limbique) et, s’ils communiquent ensemble, ils n’obéissent pas aux mêmes lois. ».

Méthode anti-stress : exprimer ses émotions

Une fois l’émotion reconnue et acceptée, la verbaliser auprès de la personne qui l’a fait naître est le meilleur moyen de l’évacuer. Seule condition : respecter certaines règles pour que cela soit constructif et acceptable par l’autre

  1. Nos remarques doivent porter sur le comportement de la personne et non sur la personne elle-même.
    Par exemple, il est préférable de dire à un associé « j’attendais ce rapport hier comme nous l’avions convenu » plutôt que « on ne peut pas compter sur toi ». Etre dans le factuel plutôt que dans la remise en cause de l’autre.
  2. On parlera de soi et de son ressenti plutôt que d’attaquer la personne. « Je suis très ennuyé », « Ce retard me pose un problème et je suis mécontent », plutôt que «Tu me déçois ».
  3. Être dans l’empathie pour désamorcer l’agressivité.
    « Je comprends que la période soit chargée », « Il est difficile d’arbitrer entre nos différents dossiers, mais le respect de certains délais conditionne le travail de toute l’équipe ». L’objectif d’exprimer ses émotions n’est pas d’agresser la personne, mais de faire valoir son point de vue en respectant l’autre. Ici, il n’y a ni le refoulement, ni agressivité mais une affirmation de soi qui permet d’évacuer les émotions négatives et de retrouver plus de sérénité.
 

Si verbaliser ses émotions n’est pas toujours facile au début, plus on pratique, plus cela devient spontané. Laissez-vous surprendre : exprimer son ressenti en bonne intelligence et dans le respect de l’autre permet de fluidifier les relations et limiter nombre de tensions et d’incompréhensions.

(merci au Docteur Patrick Légeron, psychiatre, fondateur du Cabinet Stimulus, auteur de « Le stress au travail, un enjeu de santé », éditions Odile Jacob)