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Page publiée le 12/02/2026

Registre phytosanitaire 2027 : obligations, outils et bonnes pratiques

L’usage des produits phytosanitaires fait l’objet d’un encadrement de plus en plus strict. Si la tenue d’un registre est déjà une réalité quotidienne, une évolution majeure se profile : initialement prévue pour 2026, l’obligation de passer au format numérique a été reportée au 1er janvier 2027(1). Pour les exploitants agricoles et gestionnaires d’espaces verts, c’est l’occasion d’anticiper, de sécuriser la conformité et de gagner en efficacité dans le suivi des interventions. MMA vous présente les outils à envisager et les étapes clés pour réussir cette transition.

© iStock

Au sommaire de cet article :

Registre phytosanitaire : pour qui, pour quoi ? 

Le registre phytosanitaire est un document obligatoire pour assurer la traçabilité complète des interventions que vous réalisez sur vos cultures. Cette obligation concerne un large éventail de professionnels : exploitants agricoles (grandes cultures, viticulture, arboriculture), maraîchers, entreprises de travaux agricoles (ETA) et collectivités territoriales.

Le registre phytosanitaire permet d’assurer :

  • La sécurité sanitaire et la protection du consommateur ; 
  • Le respect de l’environnement par un suivi rigoureux des apports ; 
  • Le contrôle et la traçabilité pour les autorités compétentes ; 
  • L’optimisation des pratiques agricoles grâce à l’analyse de données.

Pour être conforme, il doit consigner impérativement pour chaque traitement(2) :

  • Les références du produit : son nom et son numéro d’autorisation de mise sur le marché (AMM) ;
  • Les détails de l’application : la date, l’heure et la dose précise appliquée ;
  • La zone d’intervention : l’emplacement exact ou la description de la parcelle ainsi que la surface ou le volume total traité ;
  • La destination : le type de culture ou l’usage des terres concernées.

Ces données doivent être conservées durant 3 à 5 ans selon les produits utilisés.

Pourquoi le passage au 100 % numérique devient obligatoire en 2027 ?

Au 1er janvier 2027, le support papier ne sera plus reconnu conforme lors d’un contrôle réglementaire. La réglementation européenne impose en effet désormais que les données de traçabilité soient exploitables numériquement.

Cette mesure vise à :

  • Harmoniser le suivi des produits phytosanitaires et la qualité des registres au sein de l’Union européenne(3) ;
  • Soutenir la stratégie européenne « De la ferme à la table »(4) pour un système alimentaire plus durable ;
  • Piloter plus précisément la baisse des usages prévue au niveau national par le plan Ecophyto 2030 (réduction de 50 % de l’utilisation et des risques des produits phytosanitaires d’ici 2030(5)).

L’application, initialement prévue au 1er janvier 2026 entrera finalement en vigueur le 1er janvier 2027(6) en France. Cette période transitoire doit permettre aux exploitations de s’équiper et de former les équipes concernées.

Comment choisir votre logiciel ou application de suivi ?

Il n’existe pas de « logiciel unique » imposé par l’État, mais pour que votre registre soit reconnu comme conforme en 2027, votre outil doit répondre à des exigences techniques strictes.

Les deux familles de solutions recommandées

  • Les plateformes publiques ou des Chambres d’agriculture (réseau consulaire) : comme MesParcelles, conçu par le réseau des Chambres d’agriculture dans le cadre du plan Ecophyto pour garantir la sécurité des données et la conformité réglementaire ;
     
  • Les logiciels privés (FMIS, Farm Management Information System) : des outils comme AgriXP, Easyphyt ou Terragrow offrent souvent des fonctionnalités avancées (gestion de stock, cartographie) et sont mis à jour pour respecter les standards européens.

Les critères techniques indispensables pour 2027

Pour ne pas vous tromper, il est essentiel de vérifier que votre solution permet :

  • L’export de données structurées : le logiciel doit pouvoir générer des fichiers exploitables par les autorités (formats de type .xls, .csv ou .xml). Un simple PDF ou une photo de votre registre ne sera pas recevable lors d’un contrôle ;
     
  • L’interopérabilité : l’outil doit être capable de communiquer avec d’autres systèmes pour simplifier vos déclarations, notamment dans le cadre de la stratégie nationale Ecophyto 2030 ;
     
  • La mise à jour automatique des Autorisations de mise sur le marché (AMM) : privilégiez un logiciel qui intègre les bases de données officielles des produits pour éviter toute erreur de saisie sur les numéros d’autorisation ou les doses ;
     
  • Le mode hors-connexion : un outil permettant la saisie sur smartphone et le mode hors connexion est indispensable lorsque les parcelles ne disposent pas de réseau.

Les coûts varient selon la solution retenue : certains outils publics sont accessibles via les Chambres d’agriculture, tandis que les logiciels privés fonctionnent par abonnement annuel. L’investissement reste toutefois limité au regard des gains de temps et de conformité.

Le conseil MMA

Tester un outil dès maintenant vous permet de vous familiariser avec l’interface hors période de forte activité et de sécuriser vos données avant l’échéance.

3 bénéfices immédiats pour votre performance

Passer au numérique n’est pas qu’une contrainte administrative ; c’est avant tout un levier de performance.

Bénéfice n°1 : un gain de temps et de précision

La saisie numérique, souvent automatisée (calcul des doses, remplissage automatique des parcelles), permet de réduire le temps passé au renseignement quotidien du registre. 

Des alertes vous préviennent en cas de surdosage ou d’oubli, limitant les risques sanitaires.

Bénéfice n°2 : une sécurité juridique renforcée

En cas d’inspection par les autorités, un registre numérique à jour garantit la traçabilité phytosanitaire des données. Ces dernières, centralisées dans une seule et même interface, sont plus facilement accessibles et mobilisables

Bénéfice n°3 : un métier valorisé

Le recours aux outils numériques facilite l’accès aux certifications environnementales, en simplifiant l’extraction des données nécessaires aux audits. C’est une vitrine de transparence pour vos pratiques.

Passez au registre numérique en 5 gestes simples

  1. Vérifier le matériel : smartphone, tablette, connexion sur la zone d’exploitation
    Assurez-vous que les personnes en charge disposent d’un équipement fiable (smartphone ou tablette) et que la connexion tient dans les zones de parcelles. Certains logiciels fonctionnent en mode hors-ligne, mais un test préalable évite les mauvaises surprises.
     
  2. Identifier la personne responsable des saisies
    Désignez clairement qui saisit quoi : exploitant, salarié, ETA… Avoir un référent permet de garantir un registre à jour, cohérent et conforme, surtout en période de forte activité.
     
  3. Tester 1 à 2 outils gratuitement pendant 2 semaines
    La plupart des solutions proposent des versions d’essai. Profitez en pour comparer la simplicité de saisie, la compatibilité avec vos pratiques, la mise à jour des AMM et la qualité de l’export (xls, csv…). Deux semaines suffisent pour savoir si l’outil vous convient.
     
  4. Faire l’inventaire des AMM utilisées pour préparer l’intégration dans l’outil
    Listez vos produits (nom commercial, numéro d’AMM, doses) : cela facilitera leur import dans le logiciel et vous évitera les erreurs de saisie. C’est aussi l’occasion de vérifier que vos AMM sont bien à jour.
     
  5. Scanner / exporter les anciennes versions papier pour archivage
    Numérisez les registres des années précédentes afin de centraliser vos historiques au même endroit. Ils ne seront plus utilisés pour les contrôles, mais restent utiles pour l’analyse de vos pratiques et certaines démarches administratives.

FAQ : vos questions sur le registre numérique

  • Qui est concerné par cette obligation ?

    Tous les professionnels utilisant des produits phytopharmaceutiques : agriculteurs, maraîchers, viticulteurs, mais aussi les ETA (entreprises de travaux agricoles) et les gestionnaires d’espaces verts des collectivités.

  • Puis-je continuer à utiliser mon cahier papier jusqu’en 2027 ?

    Oui, mais anticiper dès maintenant vous permet de tester les outils sans perturber votre activité en pleine saison et d’identifier d’éventuelles erreurs de saisie avant l’échéance.

  • Un smartphone ou une tablette est-il nécessaire ?

    Oui, fortement recommandé. La plupart des outils sont conçus pour un usage mobile en parcelle, avec parfois un mode hors-connexion.

  • Puis-je importer mon ancien registre papier dans le nouveau logiciel ?

    Oui. La plupart des outils permettent l’import de fichiers, ou l’ajout manuel d’un historique simplifié. Pas obligatoire, mais utile pour garder une traçabilité complète.
     

  • Que risque-t-on en cas de contrôle si le registre n’est pas numérique en 2027 ?

    Le registre papier sera considéré comme non conforme, ce qui peut entraîner :

    • une demande de mise en conformité,
    • une sanction administrative,
    • ou des difficultés dans le cadre d’une certification environnementale.

 

Le report de l’obligation au 1er janvier 2027 ne doit pas freiner votre élan. En abandonnant dès maintenant le format papier pour un outil numérique conforme (format .xls ou .csv), vous sécurisez votre traçabilité et simplifiez vos futurs audits de certification.

Plus qu’une simple mise en conformité, le passage au registre numérique est un investissement dans la performance et la transparence de votre exploitation. Anticiper aujourd’hui, c’est s’assurer une gestion sereine demain, loin du stress des pics d’activité saisonniers.

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