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Les 3 grandes étapes pour passer en agriculture biologique

Source de nouvelles opportunités pour votre exploitation, la transition vers l’agriculture biologique est un projet qui s’anticipe car les démarches à accomplir sont nombreuses. De la préparation à la conversion, en passant par la certification, découvrez les grandes étapes à suivre pour passer en agriculture biologique.

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Le passage à l’agriculture biologique peut être source de nouvelles opportunités pour votre exploitation.
©iStock - PeopleImages

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Apparue au début du 20e siècle, l’agriculture biologique est un mode de production agricole interdisant l’usage de substances de synthèse, comme les pesticides, les médicaments ou encore les organismes génétiquement modifiés (OGM). Par définition, l’agriculture biologique repose d’ailleurs sur plusieurs grands principes essentiels :

  • L’écologie : les méthodes de production bio visent à protéger durablement la nature, notamment en interdisant l’usage de pesticides, et à créer une relation harmonieuse entre la population et son environnement.
     
  • La santé : en interdisant certaines pratiques et produits, tels que les OGM, l’agriculture biologique entend améliorer la santé de l’homme par l’alimentation, mais aussi celle des animaux, plantes et autres organismes vivants.
     
  • L’équité : le bio repose enfin sur des échanges commerciaux équitables entre les différents acteurs de la chaîne, notamment dans l’optique de respecter le travail des producteurs et de le rémunérer à sa juste valeur.

1. Préparer sa transition à l’agriculture biologique

Le cahier des charges de l’agriculture biologique, défini à la fois par les réglementations européennes et nationales, pose un cadre strict autour de la conversion et de la production biologique. Ce dernier peut varier selon la nature de la production. 

Avant de passer à l’agriculture biologique, il est donc conseillé de préparer votre transition :

  • Rencontrer des professionnels de l’agriculture bio : pour mieux appréhender la réalité d’une conversion, ses contraintes et ses atouts, vous pouvez échanger avec des professionnels du milieu. N’hésitez donc pas à rencontrer des agriculteurs déjà convertis et à profiter de l’accompagnement de votre Chambre d’agriculture, d’associations locales ou même de conseillers spécialisés. Le suivi d’une formation agriculture biologique, notamment celles organisées par les Chambres d’agriculture départementales, est d’ailleurs souvent conseillé avant de se lancer ;
     
  • Prendre connaissance de la réglementation : prenez le temps de consulter les règlements européens, dont le règlement (CE) n° 834/2007, afin de prendre connaissance de l’ensemble des règles à suivre, que ce soit en matière de production, de transformation, de distribution, d’importation ou encore de contrôle et d’étiquetage. Renseignez-vous également sur les éventuelles directives nationales à respecter, ainsi que sur les règles propres à votre activité (élevage, viticulture, production végétale, etc.) ;
     
  • Anticiper les conséquences de la conversion sur votre exploitation : par exemple, le passage à l’agriculture biologique pourrait entraîner une baisse des rendements, une augmentation des contrôles, un besoin de main-d’œuvre supplémentaire ou encore la réorganisation de vos méthodes d’approvisionnement et de distribution ;
     
  • Diagnostiquer la faisabilité du projet : avant d’engager des frais, pensez enfin à réaliser un diagnostic de conversion à l’agriculture biologique, auprès de votre Chambre d’agriculture par exemple. L’objectif ? Valider le projet et en formaliser toutes les facettes (durée avant de pouvoir passer en bio, date de la conversion, pratiques à changer, investissements nécessaires, prévisionnel, etc.).

Bon à savoir

Entre 2019 et 2020, 6 059 nouvelles exploitations se sont engagées dans le bio en France, soit un total de 53 255 fermes(1) (2).

(1) L’agriculture bio en chiffres - Chambres d’agriculture France - 2020
(2) Les chiffres clés - Agence Bio - 2021

2. Débuter son passage en agriculture biologique

Le passage à l’agriculture biologique nécessite de modifier un certain nombre de pratiques, et ce, principalement en fonction de l’usage précédent des terres et de la nature de l’activité :

  • La durée de conversion : durant la phase de conversion des terres et des élevages, allant de 2 à 3 ans en règle générale, vous devez respecter les principes de l’agriculture biologique, bien que vous ne puissiez pas encore vendre vos produits comme étant bio ;
     
  • La rotation des cultures : les produits de synthèse ne pouvant plus être utilisés, vous devez changer plus ou moins régulièrement la nature de la production végétale afin de structurer le sol et d’assurer sa fertilité naturellement. Cela peut notamment passer par l’alternance de cultures de luzerne, de maïs et de blé ;
     
  • La superficie des bâtiments : si vous réalisez de la production animale, la densité de vos bêtes est encadrée. Dans certains cas, il vous sera donc nécessaire d’agrandir vos installations (intérieures comme extérieures) et/ou de réduire la taille de votre cheptel ;
     
  • L’approvisionnement : dans l’idéal, vous devez produire le fourrage et les aliments distribués aux animaux directement au sein de l’exploitation. Si vous n’en avez pas la possibilité, une autre solution consiste à acheter des produits respectant les principes de l’agriculture biologique, ce qui peut entraîner un changement de fournisseurs ou de système d’approvisionnement ;
     
  • Les équipements et la main-d’œuvre : que ce soit pour la plantation, la culture, l’élevage ou encore la récolte, l’agriculture biologique répond à des règles spécifiques selon la nature de la production. Votre conversion peut donc nécessiter des investissements dans du matériel et/ou de la main-d’œuvre. 

3. Faire certifier sa conversion à l’agriculture biologique

Une fois le projet de conversion validé, l’étape suivante consiste à officialiser le passage de l’exploitation à l’agriculture biologique. Ces démarches, de nature essentiellement administrative, doivent permettre d’obtenir une certification du passage à l’agriculture biologique :

  • Choisir un organisme certificateur : avant de réaliser une ou plusieurs demandes de devis, renseignez-vous auprès de la Chambre d’agriculture et des autres agriculteurs convertis afin de connaître les principaux organismes certificateurs intervenant au sein de votre région (Bureau Veritas, Certis, Biotek, etc.). Prenez le temps de la réflexion pour choisir cet organisme car c’est lui qui aura la charge des contrôles de votre exploitation et qui interviendra dans votre labellisation ;
     
  • Notifier l’Agence Bio : l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique – plus simplement appelée Agence Bio – a pour mission de structurer l’agriculture biologique en France. Après l’avoir notifiée de votre passage au bio, votre organisme certificateur peut valider le dossier de conversion, vous remettre une attestation d’engagement et réaliser le premier contrôle. Une fois la durée de conversion terminée, il pourra également vous délivrer un certificat attestant de la conversion de vos produits et de leur conformité à la production AB (Agriculture Biologique) ;
     
  • Solliciter des aides : durant la période de conversion, vous produisez selon les principes de l’agriculture biologique, mais vous vendez au prix de l’agriculture conventionnelle. Vous pouvez néanmoins solliciter des aides pour soutenir votre passage au bio (crédit d’impôt, aide à la conversion à l’agriculture biologique, etc.).

Et ensuite ? Ce n’est qu’une fois la période de conversion achevée qu’il vous sera possible de revendiquer une production agricole biologique et, par conséquent, d’en utiliser les éléments de communication – tels que les labels de l’agriculture biologique – et les réseaux spécifiques de distribution.

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(1) Dans les conditions, limites et exclusions de garanties fixées au contrat.