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Agriculteurs : prévenir maladies et accidents du travail

Les maladies professionnelles ont tendance à augmenter chez les exploitants et salariés agricoles. Les accidents du travail, en baisse, sont encore trop nombreux en milieu agricole et fréquemment à l’origine de graves dommages corporels. Quels sont les principaux risques immédiats et différés ? Comment les prévenir ?

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Les accidents en milieu agricole sont fortement liés aux équipements, aux machines, aux tracteurs et autres véhicules agricoles.
© Goodluz / Shutterstock

Accidents et maladies professionnels des exploitants agricoles : quelles causes ?

Le taux moyen de fréquence(1) des accidents du travail agricole était de 282 en 2013. Il s’élevait :

  • à 72 dans les exploitations de bois,
  • à 75 dans la sylviculture
  • et à 81,5 pour les salariés de la filière hippique.

Machines, un risque transversal à toutes les filières
La mécanisation et la technologie ont réduit la pénibilité des travaux agricoles, amélioré le confort et la sécurité. Pour autant, 17 %(2) des accidents du travail des actifs agricoles sont liés à l’utilisation de matériels lourd et léger : tracteur, moissonneuse-batteuse, tronçonneuse, tondeuse, taille-haie, sécateur, etc.

  • Les principaux risques d’accidents sont liés à la mobilité des matériels et aux éléments mobiles de ces équipements : renversement, circulation routière, liaisons tracteurs-outils – prises de force –, interventions en cas de bourrage, écrasement…
  • Les accidents les plus graves surviennent avec les machines les plus volumineuses, telles que moissonneuses-batteuses, récolteuses de légumes, pailleuses ou désileuse.
  • Les risques différés – dus au bruit, aux vibrations, aux gestes et postures, aux expositions aux pesticides, aux conditions climatiques –, pèsent lourdement dans la survenue de maladies professionnelles.

Le double risque animal
Les activités d’élevage nécessitent de multiples interventions sur l’animal : insémination, vêlage, écornage, castration, alimentation, traite, prophylaxie, pesée, parage, paillage, curage, etc. Ces contacts engendrent 2 types de risques :

  1. le risque biologique de contracter une zoonose, infection d’origine animale transmissible à l’homme – brucellose, psittacose, leptospirose, grippe aviaire… –, qui fait l’objet de mesures de prévention coordonnées par l’Institut de veille sanitaire ;
  2. le risque de blessures par écrasement, piétinement, coups divers, à l’origine d’une forte sinistralité. Sans surprise, les filières hippique et d’élevage bovin de lait et de viande sont les plus concernées.

56 %(2) des accidents du travail des exploitants sont liés aux activités d’élevage bovin.


Risques chimiques immédiats et différés
L’exposition à des produits chimiques destinés aux cultures – pesticides, produits phytosanitaires, etc. –, ainsi qu’à des produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques – CMR – sont sources de risques immédiats et différés.
Les voies de contamination peuvent être cutanées, respiratoires ou digestives. Les troubles prennent de multiples formes cliniques, localisées ou généralisées, bénignes ou graves.


10 %(2) des salariés agricoles sont exposés à des produits CMR : gaz d’échappement diesel, huiles minérales entières, poussières de bois et de silice cristalline pour l’essentiel.

25 %(2) des salariés agricoles sont exposés à au moins un produit phytopharmaceutique : herbicide, fongicide ou insecticide. Les filières culture, élevage, jardins et espaces verts sont là les plus représentées.


Risque de chute : en arboriculture et ailleurs
Transverse à tous les secteurs agricoles, l’accident par chute survient le plus fréquemment :

  • lors de la montée ou descente d’un engin agricole,
  • à l’occasion d’un déplacement à pied sur une passerelle ou autre dispositif de ce type,
  • au cours de travaux sur des végétaux (exploitations fruitière et sylvicole).

14 %(2) des accidents mortels des exploitants agricoles sont liés à des chutes de hauteur.

(1) Nombre d’accidents du travail avec arrêt par million d’heures travaillées. 
(2) Observatoire AT/MP salariés et non-salariés agricoles.

Bon à savoir

Les travailleurs de l’arboriculture fruitière sont exposés à un risque de chute accru du fait de la spécificité des travaux de taille, de pose de filets, de cueillette en hauteur.

Le Guide technique sur le travail en hauteur en arboriculture fruitière publié en 2015 par le Ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et de la Forêt pose les bases d’une démarche de prévention via des préconisations sur :

  • la formation de tous et particulièrement des jeunes et des saisonniers aux équipements et aux postes de travail,
  • l’évaluation des risques,
  • l’organisation du travail,
  • les équipements de travail en hauteur.

Trois fondamentaux pour une prévention efficace

  1. La survenance d’un accident agricole combine en général plusieurs facteurs :
    - l’équipement, plus ou moins bien conçu, entretenu et utilisé en conditions ad hoc,
    - l’environnement, notamment la circulation routière, les conditions météo,
    - la personne : âge, état de santé, condition physique, expérience, formation,
    - les conditions de travail, avec d’éventuelles situations de sous-effectif, d’urgence, etc.
  2. La prévention des risques doit être intégrée très en amont, dans la conception des locaux, le choix du matériel et l’organisation du travail.
  3. Les efforts de prévention par la formation et la sensibilisation aux règles de sécurité aboutissent à une nette diminution de la sinistralité, s’ils s’inscrivent dans la durée.

Les bonnes pratiques à adopter

Le port d’un équipement adapté 
Gants, masque, blouse, combinaisons, bottes ou chaussures antidérapantes, vêtements étanches... : veillez à adapter votre équipement à chaque tâche. Cet équipement vous protège du contact avec les produits phytosanitaires, des zoonoses, des brûlures ou coupures, des engelures, des glissades…


Ultraviolets = danger. En cas d’activité régulière au soleil, portez couvre-chef et manches longues, et utilisez une protection solaire adaptée à votre type de peau.


Pas d’impasse sur le suivi médical
Un suivi médical régulier permet de faire le point sur votre état de santé général : examen « de routine », tension, prescription d’un bilan sanguin pour rechercher d’éventuelles carences, vérification des échéances de vaccins, notamment antitétanique, etc.

Ce suivi est essentiel pour le dépistage et la prise en charge précoces des TMS – Troubles Musculo-Squelettiques – et autres maladies professionnelles.

Bon choix, bon usage et maintenance des machines 

  • Le choix de machines adaptées au travail à réaliser et répondant aux normes de sécurité en vigueur est primordial.
  • L’opérateur doit se former à une utilisation conforme et ergonomique des équipements et, le cas échéant, à une conduite sécurisée.
  • La maintenance corrective et préventive des équipements doit être prévue dans l’organisation du travail.

Exemple ? Seules les cabines filtrantes de tracteurs répondant au niveau 4 de la norme européenne EN 15695-1 protègent à la fois contre les poussières, les aérosols et les gaz. Équipées d’un système de filtration, étanches, climatisées et pressurisées, elles assurent une protection optimale, si tant est :

  • que le filtre soit remplacé régulièrement, par un modèle strictement identique,
  • que le conducteur veille à préserver la cabine des ouvertures de portes intempestives et des vêtements souillés par les produits ambiants.

Formations adaptées notamment dans l’élevage
Cela aussi s’apprend et permet de réduire l’accidentologie. Il existe ainsi des formations courtes :

  • au comportement animal,
  • à la manipulation et à la contention des bovins,
  • à l’utilisation des chiens de troupeau comme outil de préservation de la santé et d’optimisation du temps de travail,
  • à l’utilisation sécurisée des salles de traites et autres outils de production…

Risque chimique : repérer, arbitrer et agir
Entrer dans une démarche de prévention consiste d’abord en un repérage systématique des produits nocifs et des activités à risque, sans omettre les agents CMR.
L’effet de chaque exposition doit être évalué, de façon à hiérarchiser les risques.
Dès que cela est possible, il est conseillé d’adopter une stratégie de substitution des produits et procédures à risque.
Quand cela n’est pas possible, il s’agit de mettre en place des mesures adaptées : équipements de protection renforcée, réorganisation des procédures de travail, etc.

B.A.BA de l’indemnisation d’un accident corporel

Qu'est-ce qu'un dommage corporel ? On dit qu’un accident entraîne un dommage corporel dès lors que ce dommage porte atteinte à l’intégrité physique de la personne. On parle également dans ce cas de préjudice physiologique ou fonctionnel.

Le dommage corporel ouvre droit à une indemnisation établie en fonction du taux d’incapacité de la personne qui en est victime. Par incapacité, on entend l’impossibilité – provisoire ou définitive, totale ou partielle –, d’effectuer certaines activités, et les préjudices de différentes natures que cela entraîne pour la personne et sa famille. On distingue :

  • préjudice économique, pour les gains perdus du fait de l’incapacité temporaire de travail et des séquelles permanentes – invalidité partielle ou totale –, les frais médicaux, les frais d’appareillage, etc.,
  • préjudice d’agrément, pour la privation d’un loisir, d’un sport, d’une activité artistique, pour les troubles de la vie sexuelle, la perte du goût…
  • préjudice esthétique, pour les traces physiques disgracieuses de l’accident,
  • pretium doloris, pour les douleurs physiques,
  • préjudice moral, pour la souffrance psychologique des proches de la victime, consécutive à son décès.

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assurance multirisque agriculteur viticulteur © PointImages/Thinkstock

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Sachez que cette garantie peut couvrir jusqu’à 4 salariés et vous-même.

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(1) Dans les conditions, limites et extensions du contrat.