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Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Page mise à jour le 31/08/2026

Cyberattaques : le guide pratique pour renforcer la résilience de votre entreprise

Les cyberattaques ne concernent plus seulement les grandes entreprises. Vol de données, hameçonnage, rançongiciels ou usurpation d'identité peuvent avoir de lourdes conséquences sur l'activité d'une TPE ou d'une PME. Découvrez les réflexes essentiels pour prévenir les risques, sécuriser vos systèmes et faire face à un incident cyber.

© Adobestock

Au sommaire de cet article : 

Qu’est-ce qu’une cyberattaque ? 

Une cyberattaque est une intrusion malveillante visant les systèmes informatiques d’une entreprise et pouvant entraîner de lourdes conséquences sur leur bon fonctionnement. 

Les objectifs d'une cyberattaque peuvent être multiples :

  • Dérober des informations sensibles ou personnelles (phishing) ; 
  • Bloquer l'accès à l'ensemble des data contre rançon (ransomware) ; 
  • Endommager gravement les systèmes informatiques dans le but de nuire (déni de service) ;
  • Usurper l'identité d'un collaborateur ou d'un partenaire dans le cadre d'une fraude.

Les TPE et PME, des cibles de plus en plus exposées

Contrairement aux idées reçues, les cybercriminels ne ciblent pas uniquement les grandes entreprises. Les TPE, PME et ETI figurent aujourd'hui parmi les principales victimes des cyberattaques. Selon le Panorama de la cybermenace 2025 de l'ANSSI, elles représentent 48 % des victimes d'attaques par rançongiciel, contre 37 % en 2024, illustrant une hausse significative de leur exposition aux menaces cyber(1).

Parallèlement, Cybermalveillance.gouv.fr observe une forte progression des sollicitations des entreprises. En 2025, les principales menaces signalées étaient le piratage de compte (21 % des parcours d'assistance), l'hameçonnage (16 %) et la fraude au virement (13,5 %). Les rançongiciels demeurent également une menace majeure pour les organisations(2).

Cette même année, le nombre d'entreprises et d'associations accompagnées par le dispositif a progressé de 73 %(2). Cybermalveillance.gouv.fr a par ailleurs franchi le seuil des 500 000 victimes assistées, illustrant l'intensification de la menace cyber et la forte exposition des organisations de toutes tailles.

L’intelligence artificielle, un accélérateur des cybermenaces

L’essor de l’intelligence artificielle générative transforme également les pratiques des cybercriminels. Utilisée pour rédiger des e-mails plus crédibles, personnaliser les messages ou automatiser certaines attaques, elle contribue à rendre les tentatives d’hameçonnage plus difficiles à détecter.

L’adoption rapide des outils d’IA au sein des entreprises peut également créer de nouveaux risques lorsqu’elle n’est pas suffisamment encadrée : partage involontaire d’informations sensibles, utilisation d’outils non validés par l’entreprise ou exposition accrue des données.

Les conséquences d’une cyberattaque pour les TPE et PME

Une cyberattaque peut avoir des répercussions bien au-delà du simple dysfonctionnement informatique. Selon sa nature et son ampleur, elle peut affecter la continuité de l'activité, les finances de l'entreprise, ses données stratégiques ou encore sa réputation.

Une perte financière parfois importante

Certaines cyberattaques ont pour objectif d'obtenir un gain financier. C'est notamment le cas des rançongiciels (ransomwares), qui bloquent l'accès aux données de l'entreprise et réclament le paiement d'une rançon, ou des fraudes au virement qui reposent sur l'usurpation d'identité. Au-delà d'une éventuelle demande de rançon, les coûts liés à la restauration des systèmes, à l'interruption d'activité ou à l'accompagnement d'experts peuvent rapidement devenir significatifs pour une PME.

Le vol ou la perte de données sensibles

Clients, fournisseurs, salariés, partenaires... Toutes les entreprises détiennent des données sensibles ou confidentielles susceptibles d'intéresser les cybercriminels.

Une cyberattaque peut entraîner :

  • Le vol de données personnelles ou professionnelles ;
  • La divulgation d'informations confidentielles ;
  • L'altération ou la suppression de données ;
  • L'impossibilité temporaire d'accéder à certains fichiers ou applications.

Ces incidents peuvent avoir des conséquences opérationnelles, financières et réglementaires, notamment lorsque des données personnelles sont concernées.

Une interruption d'activité

La paralysie du système d'information figure parmi les conséquences les plus redoutées par les entreprises. Un rançongiciel, une attaque par déni de service (DDoS) ou encore une infection par un logiciel malveillant peuvent rendre indisponibles les ordinateurs, les serveurs, les applications métier ou le site internet de l'entreprise. Lorsque l'activité dépend fortement des outils numériques, quelques heures d'interruption peuvent suffire à désorganiser la production, perturber la relation client ou retarder des livraisons.

Une atteinte à la réputation de l'entreprise

Une cyberattaque peut également fragiliser la confiance des clients, des partenaires ou des fournisseurs, notamment lorsque des données sensibles ont été compromises ou que l'activité est fortement perturbée. Au-delà des conséquences immédiates, l'entreprise doit souvent consacrer du temps et des ressources à restaurer son image et à rassurer l'ensemble de ses parties prenantes.

NIS 2 : votre entreprise est-elle concernée ?

Face à l'augmentation des cybermenaces, l'Union européenne a adopté la directive NIS 2 afin de renforcer le niveau de cybersécurité des organisations essentielles au fonctionnement de l'économie et de la société. Son périmètre est plus large que celui de la première directive NIS et concerne désormais davantage d'entreprises, y compris certaines PME. 
 
La directive impose notamment :

  • Une évaluation régulière des risques cyber ;
  • La mise en place de mesures de sécurité adaptées ;
  • Le signalement rapide des incidents significatifs ;
  • Une vigilance accrue sur la sécurité des fournisseurs et sous-traitants.

Même lorsqu'elles ne sont pas directement soumises aux obligations de NIS 2, les PME sont de plus en plus sollicitées par leurs clients, partenaires ou donneurs d'ordre pour démontrer leur niveau de cybersécurité.

Adopter dès aujourd'hui les bonnes pratiques recommandées par la directive permet non seulement de réduire le risque cyber, mais aussi de renforcer la confiance de ses partenaires et sa capacité à répondre à certains appels d'offres ou exigences contractuelles. Vous pouvez vérifier si votre organisation est concernée par la directive et consulter les obligations applicables sur la plateforme officielle MonEspaceNIS2.

Les 5 réflexes essentiels pour renforcer votre cybersécurité

Aucune entreprise n'est totalement à l'abri d'une cyberattaque. En revanche, certaines bonnes pratiques permettent de réduire significativement les risques et de limiter les conséquences d'un incident.

1. Évaluer régulièrement son niveau de sécurité

La réalisation d'audits ou de diagnostics permet d'identifier les vulnérabilités du système d'information, de hiérarchiser les risques et de définir un plan d'action adapté.

2. Sécuriser les accès

Des mots de passe robustes, uniques et régulièrement renouvelés constituent une première ligne de défense. Lorsque cela est possible, activez également l'authentification multifacteur (MFA) pour renforcer la protection des comptes.

3. Sauvegarder ses données

La mise en place de sauvegardes régulières est indispensable pour garantir la continuité de l'activité en cas de cyberattaque, notamment lors d'une infection par un rançongiciel.

4. Sécuriser les usages numériques

Messagerie électronique, Wi-Fi, smartphones, tablettes ou encore accès à distance : chaque point d'entrée doit faire l'objet de mesures de sécurité adaptées. Le recours à un VPN est notamment recommandé lors du télétravail ou des déplacements professionnels.

5. Sensibiliser les collaborateurs

La majorité des cyberattaques exploitent une erreur humaine. Former régulièrement les équipes aux bons réflexes face au phishing, aux fraudes ou aux usages à risque constitue l'un des moyens les plus efficaces de réduire l'exposition aux menaces.

Des formations gratuites pour sensibiliser les TPE et PME à la cybersécurité

Plusieurs dispositifs mis en place par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et France Num sont accessibles gratuitement en ligne pour vous permettre de vous former aux risques cyber : 

L’Anssi met également à votre disposition un guide pratique en 13 étapes pour prévenir les conséquences d’un piratage informatique.

Comment réagir en cas de cyberattaque ?

Malgré toutes les mesures de prévention mises en place, aucune entreprise n'est totalement à l'abri d'un incident cyber. En cas d'attaque, une réaction rapide et structurée permet de limiter les impacts sur l'activité.

1. Isolez les équipements concernés

Déconnectez immédiatement les postes, serveurs ou équipements suspects du réseau informatique et d'Internet afin d'éviter toute propagation de l'attaque.

2. Évaluez l'incident

Identifiez les systèmes impactés, les données potentiellement compromises et les conséquences sur l'activité de l'entreprise. Conservez également les éléments pouvant servir à l'analyse : messages d'erreur, captures d'écran, fichiers chiffrés, emails suspects, etc.

3. Mobilisez les bons interlocuteurs

Informez les personnes concernées au sein de l'entreprise et sollicitez rapidement un prestataire informatique, un expert cybersécurité ou les services d'assistance spécialisés si nécessaire.

4. Sécurisez les accès

Modifiez sans attendre les mots de passe des comptes susceptibles d'avoir été compromis et vérifiez les droits d'accès aux systèmes sensibles.

5. Restaurez l'activité de manière sécurisée

Une fois l'origine de l'incident identifiée et traitée, restaurez les données à partir de sauvegardes fiables et remettez progressivement les systèmes en service.

6. Signalez l'attaque

Déposez plainte auprès des autorités compétentes et, le cas échéant, effectuez les déclarations nécessaires auprès des organismes concernés. Si des données personnelles sont impliquées, des obligations de notification peuvent également s'appliquer.

7. Tirez les enseignements de l'incident

Chaque cyberattaque constitue un retour d'expérience précieux. Analysez les causes de l'incident et mettez en place des mesures correctives afin de réduire le risque qu'une situation similaire se reproduise.

Bon à savoir

Face à une cyberattaque, le temps de réaction est souvent déterminant. Disposer à l'avance d'un plan de gestion de crise, de sauvegardes régulièrement testées et des coordonnées de vos interlocuteurs clés peut considérablement faciliter le redémarrage de l'activité.

Quel budget prévoir pour renforcer sa cybersécurité ?

La cybersécurité ne nécessite pas forcément des investissements importants dès le départ. Le budget dépend principalement de la taille de l'entreprise, de son niveau de maturité numérique et des risques auxquels elle est exposée.

Les principaux postes de dépenses peuvent inclure :

  • Un audit ou un diagnostic de cybersécurité ;
  • Des solutions de protection (antivirus, pare-feu, gestion des accès) ;
  • Des outils de sauvegarde et de restauration des données ;
  • La formation et la sensibilisation des collaborateurs ;
  • L'accompagnement par des experts spécialisés.

À titre d'exemple, le programme France 2030 – Cyber PME, piloté par Bpifrance, propose un diagnostic cybersécurité subventionné à 50 % et peut financer une partie du plan de sécurisation mis en œuvre par l'entreprise.

Des aides financières pour accompagner les PME

De nombreux dispositifs existent pour aider les entreprises à renforcer leur niveau de cybersécurité. Le programme France 2030 – Cyber PME peut notamment prendre en charge une partie des dépenses liées au diagnostic et aux actions de sécurisation déployées par l'entreprise.

Certaines régions proposent également des aides spécifiques pour financer des audits, des diagnostics ou des investissements liés à la cybersécurité. Il est recommandé de se rapprocher de son conseil régional ou de sa chambre de commerce et d'industrie (CCI) pour connaître les dispositifs disponibles localement. 

Les CCI proposent également des ateliers de sensibilisation, des diagnostics et des accompagnements permettant aux TPE et PME de structurer progressivement leur démarche de cybersécurité. 

À retenir

  • Les TPE et PME figurent parmi les principales cibles des cybercriminels, quelle que soit leur activité.
  • Piratage de compte, hameçonnage, fraude au virement et rançongiciels comptent parmi les menaces les plus fréquentes.
  • Une cyberattaque peut entraîner une interruption d’activité, des pertes financières, un vol de données sensibles et une atteinte à la réputation de l’entreprise.
  • Sauvegardes régulières, authentification multifacteur, sensibilisation des équipes et gestion des accès constituent les premiers leviers de protection.
  • Au-delà de la cybersécurité, l’enjeu est aujourd’hui de renforcer la résilience de l’entreprise afin de pouvoir maintenir ou redémarrer rapidement son activité en cas d’incident.

FAQ : les questions fréquentes sur les cyberattaques

  • Faut-il payer une rançon en cas de ransomware ?

    Le paiement d'une rançon ne garantit ni la récupération des données ni l'arrêt des attaques. Les autorités recommandent généralement de ne pas céder aux demandes des cybercriminels et de se rapprocher rapidement de professionnels compétents.

  • Comment savoir si mon entreprise est suffisamment protégée ?

    La réalisation d'un diagnostic ou d'un audit de cybersécurité permet d'identifier les vulnérabilités de l'entreprise et de définir les mesures prioritaires à mettre en œuvre pour réduire les risques.

  • Une assurance cyber remplace-t-elle les mesures de protection ?

    Une assurance cyber ne se substitue pas aux mesures de prévention et de cybersécurité mises en place par l'entreprise. Elle intervient en complément pour aider à faire face aux conséquences d'un incident : accompagnement par des experts, gestion de crise, reprise d'activité ou encore prise en charge de certains préjudices selon les garanties souscrites. La meilleure protection repose sur la combinaison de bonnes pratiques de cybersécurité et d'une couverture adaptée aux risques de l'entreprise.

Plus qu'un simple enjeu informatique, la cybersécurité est aujourd'hui un enjeu de continuité d'activité. Anticiper les risques, savoir réagir rapidement et préparer la reprise de l'activité sont les clés d'une véritable stratégie de résilience cyber.

Sources : 
(1) CERT-FR – 2025 - Panorama de la cybermenace
Cybermalveillance.gouv – mai 2026 - Quelles sont les principales cybermalveillances visant les professionnels en 2025 ?

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© Adobestock - (JLco) Julia Amaral

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