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Récupération de l’eau de pluie sur une exploitation agricole : pourquoi et comment ?

Alimentation des animaux, irrigation des cultures, nettoyage des bâtiments… La consommation d’eau représente un poste de dépense important sur une exploitation agricole. Et si vous récupériez l’eau de pluie pour répondre à une partie des besoins de votre ferme ? Démonstration.

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Considérée comme non potable, l’eau de pluie peut toutefois servir d'irrigation d'appoint, entre autres usages.
©DragonImages - stock.adobe.com

3 raisons de récupérer l’eau de pluie sur votre exploitation agricole

  1. Un argument financier : vous réduisez votre facture d’eau potable en recourant, lorsque c’est possible, à l’eau de pluie. Toutefois, pour évaluer l’intérêt économique réel de cette opération, tenez bien compte du montant de votre investissement initial et des frais de maintenance ; 
  2. Un argument pratique : en récupérant les eaux pluviales, vous assurez le fonctionnement de votre exploitation en période de sécheresse notamment ;
  3. Un argument écologique : vous limitez la quantité d’eau prélevée dans les réserves en eau.

Attention à la règlementation : l’usage des eaux pluviales reste encadré

L’eau de pluie est considérée comme non potable. Son utilisation est donc conditionnée au respect de certaines règles définies par la loi pour éviter tout risque sanitaire.

Ainsi, de manière générale, l’eau de pluie ne peut être collectée que sur des toitures inaccessibles au public. Et si elle est destinée à être utilisée à l’intérieur d’un bâtiment (pour des WC ou le lavage des sols), sa récupération est interdite en cas de toiture en amiante-ciment ou en plomb.

Plus concrètement, vous pouvez donc utiliser l’eau pluviale sur votre exploitation agricole pour :

  • Abreuver vos animaux (à condition de contrôler régulièrement la qualité de l’eau et de prendre en compte le fait que l’eau de pluie est déminéralisée) ;
  • Nettoyer vos sols, vos véhicules et vos matériels non alimentaires ;
  • Une irrigation d’appoint…

L’utilisation de l’eau pluviale est en revanche prohibée là où une eau potable est requise (hygiène corporelle, préparation d’aliments et lavage d’ustensiles destinés à la fabrication de vos produits fermiers…).

Enfin, il est légalement nécessaire de faire une déclaration d’usage auprès de votre mairie, si vous utilisez de l’eau de pluie et que vos canalisations sont raccordées au réseau d’assainissement collectif (égouts). 

Cette déclaration doit être réalisée sur papier libre, mentionner les bâtiments concernés et une estimation du volume d’eau utilisé. Elle doit être adressée au service d’assainissement. 


À noter : il est interdit d’installer des robinets à eau de pluie dans la même pièce qu’un robinet à eau potable. 


Cuve aérienne ou enterrée, filtres… Quels équipements prévoir pour votre ferme ?

En principe, un système de récupération nécessite la mise en place de plusieurs équipements, dont : 

  • Des gouttières pour la collecte ;
  • Des filtres, a minima pour empêcher le passage d’éléments indésirables. Et selon vos besoins, des solutions complémentaires peuvent aider à éliminer les bactéries, à réduire l’odeur de l’eau… ;
  • Une pompe, pour remettre l’eau en pression et la redistribuer. Soyez vigilant au moment de l’installation : votre circuit d’eau de pluie ne doit en aucun cas contaminer le réseau de distribution d’eau potable. Les deux systèmes doivent être indépendants ;
  • Des points de distribution, à côté desquels vous avez l’obligation d’installer des panneaux de signalisation « Eau non potable ». Les robinets distribuant l’eau de pluie ne doivent pas pouvoir s’ouvrir manuellement, mais seulement au moyen d’un outil spécifique.

Un équipement retiendra cependant plus particulièrement votre attention : c’est la cuve de stockage. Vous devrez vous interroger entre autres sur :

  • Son dimensionnement : trop petite, il vous faudra recourir à l’eau potable. Trop grande, vous aurez payé une installation en partie inutile et vous risquez de connaître des difficultés liées à une eau stagnante (algues…) ;
  • Le type de cuve le plus adapté : les cuves aériennes extérieures sont plutôt de petite taille (moins de 1m3). Pour votre exploitation agricole, vous pouvez vous tourner vers des cuves enterrées ;
  • Le matériau utilisé : si vous optez pour un équipement enterré, vous avez le choix entre du PEHD (polyéthylène haute densité), du béton ou encore du plastique. Tout dépendra de votre budget, de la nature du sol… ;
  • L’accès à la cuve : il est conseillé de l’installer près du lieu où l’eau est la plus susceptible d’être utilisée.

Obligations d’entretien liées à votre installation

La récupération d’eau de pluie via une installation nécessite d’entretenir régulièrement les équipements de récupération et d’assurer le suivi des entretiens sur un support dédié (carnet, document numérique…). 

Concernant l’entretien : 

  • Vérifiez tous les 6 mois la propreté du réseau, la lisibilité de la plaque « Eau non potable » et l’absence de connexion avec un réseau d’eau potable ;
  • Occupez-vous tous les ans du nettoyage des filtres, de la vidange, ainsi que de la désinfection de la cuve de stockage et de la purge du réseau. Vérifiez également l’état des robinets et des vannes. 

Concernant le suivi dans un carnet sanitaire, les informations suivantes doivent être accessibles : 

  • Fiches de mise en service et plans détaillés des installations ;
  • Dates et détails de tous les entretiens réalisés ; 
  • Si vous ne réalisez pas l’entretien vous-même, le nom et l’adresse de la personne ou de l’entreprise s’en étant chargée ;
  • Relevés mensuels des volumes d’eau de pluie utilisés.

À noter : si vous êtes propriétaire d’un bien loué disposant d’un réseau d’eau de pluie, vous devez impérativement informer votre locataire du fonctionnement du système et des règles associées.


Comment être sûr de choisir le bon système de récupération des eaux de pluie ?

Cuve aérienne, cuve enterrée, quel système de traitement pour l’eau destinée à l’abreuvement ? Les possibilités sont nombreuses. Pour les départager, vous devez prendre en compte :

  • Votre toiture : quelle surface sera affectée au captage de l’eau de pluie ? Quelles sont ses caractéristiques (toiture en pente ou en terrasse ? En tuile, en ardoise, etc. ?) ;
  • La pluviométrie locale : quel est le volume d’eau de pluie récupérable chaque année ? ;
  • Votre exploitation : quels sont vos besoins ? Où l’eau devra-t-elle être acheminée ? Quel degré d’autonomie en eau visez-vous ?

Dans cette démarche, il est fortement recommandé de faire appel à des professionnels. N’hésitez pas à prendre contact avec la Chambre d’agriculture.

 

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