Connexion Pro

Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Page publiée le 17/03/2025

Ateliers de travail du bois : éviter les incendies

La filière du bois est particulièrement exposée aux risques d'incendie. En cause, la forte présence de matériaux combustibles, comme les poussières de bois générées lors de la production. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), en 2023, environ 10 % des incendies industriels concernaient ce secteur(1). Différentes solutions existent pour faire face à ce problème : voici nos conseils.

© Adobe Stock - GreenOptix

Sommaire 

Quelles sont les sources potentielles d'incendie dans les ateliers de travail du bois ? 

1. Les matériaux combustibles 

Un incendie se déclenche quand trois éléments sont réunis : un combustible, une source d’inflammation et un comburant(1). Le contexte des ateliers de travail du bois favorise la présence de ces trois éléments.

Un matériau combustible est une matière qui peut brûler. Cela se produit en présence d'un comburant, comme l'oxygène de l'air, et d'une source d'inflammation. Ces matériaux combustibles peuvent être solides (bois, papier, carton, etc.), liquides (essence, huiles, etc.) ou gazeux (méthane, butane, etc.)(2).

Dans un atelier de travail du bois, les poussières et copeaux de bois ou les produits finis sont les principaux matériaux combustibles.  
 

2. Les sources d’inflammation

Les sources d’inflammation sont les facteurs capables de déclencher une combustion en présence d’un combustible et d’un comburant.
Dans un atelier de travail du bois, ces sources sont nombreuses :

  • Flammes nues (présentes lors d’opérations de soudage par exemple) ;
  • Étincelles mécaniques (générées par des chocs ou des frottements) ;
  • Surfaces chaudes (équipements dont la température est élevée) ;
  • Matériel électrique non adapté ou encore électricité statique.

Identifier et maîtriser ces sources dans votre atelier est essentiel pour réduire le risque d’incendie(2)
 

3. Les comburants 

Les comburants sont des substances chimiques qui, mêlées à un combustible, favorisent la combustion. Dans la plupart des incendies, le dioxygène présent dans l’air joue le rôle de comburant naturel. D’autres gaz, comme l’ozone, ou certains liquides peuvent cependant aussi jouer ce rôle(2)

Comment prévenir les risques d’incendie dans les ateliers de travail du bois ?

1. Gérer vos matériaux combustibles

Pour limiter le risque d’incendie, il est nécessaire de gérer vos matériaux combustibles et de limiter autant que possible leur présence dans votre atelier. Pour ce faire, plusieurs solutions existent. 

Vous pouvez mettre en place un système d’aspiration pour mieux capter les poussières de bois et éviter qu’elles ne se répandent de façon incontrôlée(3)

Prévoyez également un nettoyage régulier de vos zones de travail pour limiter l’accumulation de ces matériaux combustibles(4)

Enfin, les zones de stockage de vos produits finis sont des endroits particulièrement à risque. Assurez-vous donc que ces zones soient suffisamment sécurisées et confinées. Cela concerne aussi vos espaces de stockage du bois, qui présentent les mêmes risques. 
 

2. Contrôler les sources d’inflammation

Les potentielles sources d’inflammation doivent être également surveillées. 

Dans ce sens, opérez une maintenance régulière de vos équipements électriques pour prévenir les défaillances et éviter, par exemple l’apparition d’étincelles mécaniques(5)

Dans un atelier de travail du bois, certaines opérations, comme le meulage, le soudage ou l’utilisation de chalumeaux, sont considérées comme des travaux par points chauds. Ces interventions génèrent des sources de chaleur susceptibles d’entrer en contact avec des poussières de bois ou d’autres matériaux inflammables, augmentant ainsi le risque d’incendie. 

Pour mieux encadrer ces travaux, il est recommandé d’instaurer des règles strictes et, si nécessaire, d’exiger l’utilisation d’un permis de feu. Ce document permet d’évaluer les risques avant toute intervention et définit des mesures de prévention à appliquer avant, pendant et après les travaux(6).

Enfin, il est important de réglementer les zones fumeurs en les éloignant des espaces où sont stockés des matériaux combustibles. Le respect strict de l’interdiction de fumer dans l’atelier reste une précaution essentielle pour limiter tout risque d’incendie.
 

3. Réduire la présence de comburants 

Dans un atelier de travail du bois, la gestion des comburants est essentielle pour prévenir les risques d’incendie. La poussière de bois, hautement inflammable, peut facilement s’enflammer en présence d’oxygène et d’une source d’ignition.

Si vous utilisez des produits susceptibles de favoriser la combustion, comme certains solvants ou vernis, assurez-vous qu’ils soient stockés à l’écart des matériaux combustibles et manipulés avec précaution.

Dans certaines situations, notamment pour limiter le risque d’inflammation dans des zones confinées où des poussières de bois sont en suspension, il peut être utile d’utiliser des gaz inertes, comme l’azote (N₂) ou l’argon (Ar). Ces gaz permettent de réduire la concentration en oxygène et ainsi de limiter les conditions favorables à un départ de feu, sans réagir avec les autres substances présentes dans l’atelier.

Comment réagir en cas d’incendie dans les ateliers de travail du bois ?

Dans le cas où un incendie surviendrait malgré tout dans votre atelier, plusieurs mesures peuvent vous aider à réagir efficacement. 

1. Installer des systèmes de détection et alarmes

La mise en place préalable d’un système de détection incendie (SDI) limite considérablement les dommages potentiels du feu(4)

Ce système vous aide à détecter et à signaler rapidement tout début d’incendie pour réagir en conséquence. Afin de choisir le meilleur emplacement pour ces détecteurs dans votre atelier, prenez en compte la hauteur sous plafond, le sens des courants d’air et la localisation des zones à risque. La mise en place d’alarmes à incendie sonores est également un moyen efficace de prévenir vos salariés en cas de danger.
 

2. Mettre à disposition des moyens d’extinction du feu

Plusieurs outils peuvent vous aider à circonscrire les flammes. Les extincteurs sont évidemment une solution efficace. Veillez à équiper votre atelier d’un matériel d’extinction adapté au type de feu susceptible de se déclencher(4). En l'occurrence, votre atelier est principalement soumis aux feux de classe A, qui comprend les feux de solides, comme le bois(7).

Les extincteurs doivent par ailleurs être installés en nombre suffisant et être accessibles facilement. L’installation de robinet d’incendie armé (RIA) est une solution complémentaire. Il s’agit d’un dispositif de première intervention, alimenté en permanence en eau et dont l’utilisation ne nécessite pas de formation(4).
 

3. Afficher les plans d’évacuation et former vos équipes

Pour garantir une meilleure réactivité en cas d’incendie, il est essentiel d’afficher des plans d’évacuation clairement rédigés, mis à jour régulièrement et de sensibiliser l’ensemble des équipes(4)

En tant que premiers concernés, les collaborateurs jouent un rôle clé dans l’application des bonnes pratiques et doivent être formés aux procédures d’évacuation ainsi qu’aux moyens d’extinction du feu

Des exercices et simulations permettent d’évaluer leur réactivité et de renforcer leurs réflexes. Une communication régulière autour des consignes de sécurité contribue également à ancrer ces gestes dans leur quotidien, faisant de chaque salarié un véritable ambassadeur de la prévention des risques.

Réglementation et obligations légales

1. Normes en vigueur

Sachez que des normes vous imposent de mettre en place des mesures de prévention contre les incendies. 

Les articles R. 4227-22 à article R.4227-25 du Code du travail exigent la présence d’une ventilation permanente dans votre atelier, interdisent de fumer dans les lieux collectifs et ordonnent une organisation du travail facilitant une potentielle évacuation(8)(9).

Toutes ces mesures visent à prévenir tout départ de feu et doivent être respectées. 
 

2. Obligations environnementales

La tenue du document unique d’évaluation des risques (DUERP) vous est obligatoire dès l’embauche du premier salarié. 

Dans ce document, vous devez recenser et classer les risques présents dans votre atelier, puis proposer des actions de prévention concrètes(9). Il doit ainsi contenir toutes les informations nécessaires sur le risque d’incendie, pour permettre à vos salariés de se tenir informés. 

Le DUERP doit être mis à jour régulièrement, en prenant en compte votre nombre de salariés et tout réaménagement de vos installations.

Voir tous les sujets de la thématique

.


© AdobeStock - bnenin

Sécurisez votre activité avec la Multirisque Pro MMA

Assurance RC Pro, assurance de vos locaux, matériels, équipements et marchandisespertes d’exploitation… L’assurance Multirisque Pro MMA couvre en un seul contrat, l’ensemble de vos besoins, tout en s’adaptant à votre métier, votre secteur activité et la taille de votre entreprise.

Nos prises en charge sont faites en application des garanties/options souscrites et des conditions, limites et exclusions de garanties fixées aux conditions générales, aux conventions spéciales et aux conditions particulières du contrat d’assurance MMA PRO-PME (CG 352) disponibles en agence ou sur mma.fr. Pour en savoir plus, contactez votre agent général MMA.