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Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Pourquoi et comment prévenir les risques liés aux vibrations ?

Selon l’INRS, 2 millions de travailleurs seraient concernés par les vibrations transmises aux membres supérieurs, dont une majorité dans le BTP(1). Chaque mois, des centaines de maladies professionnelles sont reconnues, en lien avec les vibrations transmises à l’ensemble du corps. En tant qu’employeur, quelles mesures devez-vous prendre pour vos ouvriers ou vous-même ? Suivez le guide.

breaking interior wall. worker with demolition hammer

Les vibrations présentant de réels risques pour votre santé et celles de vos équipes (lombalgie, sciatique…), il est essentiel de prendre certaines mesures préventives.
©stock.adobe.com – Kadmy

Être exposé à des vibrations présente des risques bien réels pour la santé : 

  •  Les vibrations transmises à l’ensemble du corps sont à l’origine de 350 à 500 maladies professionnelles reconnues chaque année (lombalgies, sciatiques…)(2) ;  
  • Les vibrations transmises aux membres supérieurs (main/bras) provoquent 100 à 200 maladies professionnelles reconnues chaque année (lésions ostéo-articulaires, atteintes vasculaires, syndrome des vibrations…)(3).

Dans les deux cas, les métiers du bâtiment et des travaux publics figurent parmi ceux les plus exposés. 


(1) INRS, Dossier « Vibrations transmises aux membres supérieurs – Ce qu’il faut retenir »
(2) Tableau des maladies professionnelles 97 - Régime général
(3) Tableau des maladies professionnelles 69 - Régime général

 

Évaluer le niveau de risques liés aux vibrations dans le BTP

Au sein même de votre secteur d’activité, vous devez savoir que certaines situations sont particulièrement source d’exposition aux risques de vibration. C’est le cas par exemple si : 

  • Vous utilisez des engins avec un fort degré d’émission vibratoire, tels que les bouteurs, les dumpers, les tombereaux, les décapeuses, les transpalettes… ;
  • Vous manipulez des machines qui présentent un niveau de vibration élevé, comme les fouloirs, les brise-bétons, les piqueurs, les pilonneuses, les perforateurs, les clés à choc, les plaques vibrantes, les cloueurs…

Peuvent s’ajouter à cela des facteurs aggravants comme la vétusté des équipements, le type de matériau sur lequel vous travaillez, des postures de travail contraignantes…

Pour vous protéger efficacement, ainsi que vos salariés, il est donc indispensable de bien évaluer, voire de mesurer précisément ce qu’on appelle « l’exposition vibratoire quotidienne ». Deux paramètres sont à prendre en compte : le niveau d’émission des vibrations et la durée d’exposition. Vous pouvez vous appuyer pour cela sur la documentation fournie par les fabricants. À défaut, et selon les situations de travail concernées, n’hésitez pas à faire appel aux services prévention de votre CARSAT/CRAMIF/CGSS, dont certains proposent des outils d’évaluation en ligne du risque vibratoire. Si nécessaire, ils pourront vous orienter vers des consultants spécialisés.  

Sachant que le Code du travail fixe : 

  • Des valeurs limites d’exposition qui ne peuvent en aucun être dépassées. Elles sont fixées à 1,15m/s² pour les vibrations transmises à l’ensemble du corps et à 5,0m/s² pour celles transmises aux membres supérieures ;  
  • Et des valeurs d’exposition déclenchant l’action de prévention, qui impliquent entre autres une surveillance médicale renforcée ainsi que l’information et la formation des salariés. Elles s’élèvent à 0,5m/s² pour les vibrations à l’ensemble du corps, et 2,5m/s² pour celles transmises aux membres supérieurs.
     

Prévenir le risque de vibration au travail

Selon l’exposition aux risques de vibration de vos salariés, vous pouvez mettre en place un plan de prévention adaptée. 

La priorité est de supprimer, ou du moins de réduire au maximum le risque de vibration au travail. Plusieurs leviers peuvent être actionnés, d’un point de vue matériel tout d’abord : 

  • Dès l’achat ou la location, optez pour des outils ou des engins qui limitent les vibrations, en accordant une grande attention au siège notamment. Certains fabricants proposent par ailleurs des dispositifs de réduction (cabine suspendue, systèmes innovants d’absorption des chocs…). Sachez qu’ils doivent vous informer, dans leur notice d’instruction, des risques éventuels présentés par leur équipement et des conditions optimales d’utilisation et de maintenance ; 
  • À l’usage, choisissez les bons équipements : quand c’est possible, préférez ceux télécommandés par exemple ; dans les autres cas, identifiez ceux qui permettront d’effectuer la tâche le plus rapidement possible et qui limiteront ainsi le temps d’exposition aux risques de vibration ;  
  • Assurez une maintenance régulière des équipements mais aussi des lieux de travail (en vous assurant par exemple de l’absence de nid de poule, de bosses et d’obstacles sur les voies de circulation).

D’un point de vue organisationnel, vous pouvez faire tourner les équipes pour les tâches les plus risquées (utilisation de perforateurs, de marteaux-piqueurs…). Prévoyez également des temps de pause suffisants.

À noter : accordez une attention forte aux apprentis et aux jeunes travailleurs de moins de 18 ans, très sensibles aux risques liés aux vibrations.
 

Informer vos ouvriers du BTP sur les vibrations et les risques pour la santé

Il vous revient d’informer et de former tous vos salariés exposés :  

  • Sensibilisez-les aux risques liés aux vibrations qui sont propres à leur métier ; 
  • Formez-les à l’utilisation des engins et des outils : réglage du siège, conditions d’usage à éviter et à l’inverse options disponibles pour réduire les risques, technique de conduite…
     

Mettre en place une surveillance médicale en cas d’exposition aux risques de vibration

Pour les salariés exposés à un niveau de vibration mécanique supérieur aux valeurs limites d’exposition déclenchant l’action de prévention, il convient d’organiser un suivi médical renforcé.  

En pratique, cela passe par : 

  • Une première visite d’information et de prévention dans un délai maximum de 3 mois après la prise de poste ;  
  • Puis des examens médicaux réguliers, selon une fréquence fixée par le médecin du travail (avec un délai maximum de 5 ans entre 2 visites).  

Objectifs : informer les salariés des risques de vibration au travail et détecter au plus vite tous signes précoces de maladie.
Une affection liée à l’exposition à des vibrations est détectée chez un salarié ? Il vous reviendrait alors, en tant qu’employeur, de revoir votre évaluation des risques ainsi que les mesures adoptées pour les prévenir.

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