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Page mise à jour le 10/09/2026

Risque routier dans le BTP : comment prévenir les accidents liés aux déplacements professionnels ?

Encore trop souvent sous-estimé, le risque routier figure pourtant parmi les principales causes de mortalité liée au travail. Entre les trajets quotidiens, les livraisons de matériel et les déplacements vers les chantiers, les professionnels du BTP sont particulièrement exposés. Quelles sont vos obligations en tant qu'employeur et quelles actions mettre en place pour réduire ce risque ? Nos conseils.

© AdobeStock - Dario

Au sommaire de cet article : 

Pourquoi le risque routier est-il un enjeu majeur dans le BTP ?

Le risque routier professionnel regroupe l'ensemble des risques liés aux déplacements réalisés dans le cadre du travail. Il concerne aussi bien les trajets entre différents chantiers que les déplacements chez un fournisseur, un client ou un partenaire.

Dans le secteur du BTP, les salariés prennent régulièrement la route pour transporter du matériel, acheminer des matériaux ou se rendre sur leurs lieux d'intervention. Cette forte exposition explique pourquoi le risque routier demeure l'un des principaux risques d'accidents graves et mortels liés au travail.

Souvent perçu comme un risque du quotidien, il peut pourtant avoir des conséquences importantes pour l'entreprise : atteinte à la santé des salariés, désorganisation des chantiers, retards d'activité ou encore coûts humains et financiers parfois élevés. C'est pourquoi il doit être pleinement intégré à la démarche de prévention de l'entreprise.

Les chiffrés clés du risque routier dans le BTP

  • Les accidents routiers professionnels sont la deuxième cause de mortalité au travail en France(1).
  • En 2024, 424 personnes ont perdu la vie lors d'un déplacement routier lié au travail(1).
  • Le secteur de la construction affiche un taux de mortalité de 18 décès par million de salariés, l'un des plus élevés parmi les secteurs d'activité(1)

Face à ces enjeux, le risque routier professionnel est identifié comme une priorité nationale en matière de prévention. Il fait notamment partie des risques prioritaires du Plan Santé au Travail et du plan de prévention des accidents du travail graves et mortels.

Les principaux facteurs de risque routier dans le BTP

Les véhicules utilitaires surchargés

Entre les salariés, l'outillage et les matériaux transportés, la surcharge des utilitaires est un risque fréquent dans le BTP. Pourtant, dépasser le PTAC (poids total autorisé en charge) dégrade la tenue de route du véhicule, augmente les distances de freinage et accroît le risque d'accident. Il est donc essentiel de choisir un véhicule adapté à l'usage prévu et de contrôler régulièrement son chargement.

Un arrimage insuffisant du matériel

Lors d'un freinage brusque ou d'une collision, un outil ou un équipement mal fixé peut se transformer en véritable projectile. Pour limiter ce risque, le matériel doit être stocké dans des rangements adaptés et les charges correctement réparties et arrimées avant chaque départ.

La fatigue liée aux déplacements

Journées longues, départs matinaux, embouteillages, enchaînement des chantiers : les professionnels du BTP passent souvent de nombreuses heures sur la route. Cette fatigue réduit la vigilance et augmente le temps de réaction, ce qui favorise les accidents. Une bonne organisation des déplacements et des pauses régulières sont donc indispensables.

Les distractions au volant

Entre les appels des clients, les échanges avec les équipes sur chantier ou la consultation des outils de navigation, les sollicitations sont nombreuses pendant les déplacements professionnels. Comme dans tous les secteurs d'activité, l'utilisation du téléphone au volant reste l'un des principaux comportements à risque.

Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de risque routier ?

Comme tout risque professionnel, le risque routier relève de l'obligation générale de sécurité de l'employeur. En tant que chef d'entreprise, vous devez prendre les mesures nécessaires pour protéger vos salariés lorsqu'ils utilisent un véhicule dans le cadre de leur activité professionnelle, qu'il s'agisse de trajets entre chantiers, de déplacements chez un client ou du transport de matériel.

Concrètement, l'entreprise doit intégrer le risque routier dans sa démarche de prévention et l'évaluer au même titre que les autres risques professionnels. Cette évaluation doit notamment prendre en compte :

  • Les conditions de déplacement des salariés ;
  • Le type de véhicules utilisés ;
  • La fréquence des trajets ;
  • Les conditions de chargement et d'arrimage ;
  • Les situations à risque identifiées sur les chantiers.

Ces éléments doivent également figurer dans le Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), accompagné de mesures de prévention adaptées.

Selon les situations rencontrées, l'entreprise peut par exemple :

  • Mettre à disposition des véhicules adaptés à l'activité ;
  • Planifier les déplacements pour limiter les trajets inutiles ;
  • Former les salariés à la conduite professionnelle ;
  • Sensibiliser régulièrement les équipes aux risques routiers ;
  • Mettre en place des procédures de contrôle des véhicules et des chargements.

Situations à risque : une vigilance renforcée s'impose

Certaines situations augmentent significativement le risque d'accident dans le BTP et méritent une attention particulière.

Sur les chantiers, les déplacements d'engins et de véhicules peuvent être à l'origine de collisions ou d'accidents avec les piétons. Pour réduire ces risques, il est essentiel de prévoir des plans de circulation, de séparer les flux piétons et engins, de sécuriser les manœuvres de recul et de signaler clairement les zones dangereuses.

En milieu urbain, les poids lourds nécessitent une vigilance accrue. Malgré les équipements d'aide à la conduite, leurs angles morts restent importants et peuvent mettre en danger les piétons, cyclistes ou utilisateurs de deux-roues. Lorsque cela est possible, il est recommandé de limiter leur circulation aux déplacements strictement nécessaires

7 bonnes pratiques pour réduire le risque routier dans le BTP

Réduire le risque routier dans le BTP : les leviers de prévention à privilégier

La prévention du risque routier repose sur une approche globale. Au-delà du respect du Code de la route, elle implique d'agir à la fois sur les véhicules, l'organisation des déplacements et les comportements des conducteurs.

  1. Choisir des véhicules adaptés à l'activité
    Le choix du véhicule constitue un premier levier de prévention. Capacité de chargement, nombre de salariés transportés, type de matériel embarqué ou fréquence des déplacements : plusieurs critères doivent être pris en compte pour éviter les situations de surcharge et garantir des conditions de conduite adaptées aux besoins du chantier.
     
  2. Maîtriser le chargement et l'arrimage
    Dans le BTP, les véhicules transportent souvent des outils, des matériaux ou des équipements encombrants. Un chargement excessif ou mal réparti peut nuire à la stabilité du véhicule, tandis qu'un matériel insuffisamment arrimé risque d'être projeté lors d'un freinage ou d'une collision. Le contrôle du chargement avant chaque départ est donc indispensable.
     
  3. Assurer le bon état des véhicules
    Pneus, freins, éclairage, signalisation ou niveaux de liquides doivent faire l'objet de vérifications régulières. Un entretien rigoureux contribue non seulement à réduire le risque d'accident, mais aussi à limiter les immobilisations imprévues susceptibles de perturber l'activité.
     
  4. Anticiper les déplacements et les approvisionnements
    Dans le BTP, de nombreux trajets sont liés à l'approvisionnement des chantiers ou à des besoins de matériel de dernière minute. Une meilleure planification des interventions, des livraisons et des déplacements permet de limiter les trajets inutiles, de réduire la fatigue des conducteurs et d'éviter les situations d'urgence propices aux accidents.
     
  5. Sensibiliser régulièrement les équipes
    Téléphone au volant, fatigue, vitesse, port de la ceinture ou respect des temps de pause : ces risques doivent être régulièrement abordés avec les collaborateurs. Des quarts d'heure sécurité, des campagnes de sensibilisation ou des formations dédiées permettent d'ancrer durablement les bons réflexes.
     
  6. Sécuriser la circulation sur les chantiers
    Le risque routier ne concerne pas uniquement les déplacements sur la voie publique. Les manœuvres d'engins, les opérations de livraison ou les déplacements de véhicules sur chantier peuvent également être à l'origine d'accidents graves. La mise en place de plans de circulation, la séparation des flux piétons et engins ainsi que l'encadrement des manœuvres de recul constituent des mesures de prévention essentielles.
     
  7. Intégrer pleinement le risque routier dans la démarche de prévention
    Comme les risques liés aux chutes de hauteur ou aux engins de chantier, le risque routier doit faire l'objet d'une évaluation régulière. L'analyse des accidents, des quasi-accidents et des situations dangereuses permet d'identifier des axes d'amélioration et d'adapter les mesures de prévention aux réalités du terrain.

Bon à savoir

Pour vous aider à prévenir le risque routier, Covéa Solutions Prévention met à votre disposition un ensemble de services : accompagnement par des experts, formations adaptées à votre activité, outils de sensibilisation, supports de communication et dispositifs d'accompagnement des conducteurs.

À retenir sur le risque routier

  • Le risque routier constitue l'un des principaux risques professionnels dans le secteur du BTP.
  • Les déplacements entre chantiers, la conduite d'utilitaires et le transport de matériel exposent fortement les salariés.
  • Le respect du PTAC et l'arrimage des charges sont essentiels pour limiter les accidents.
  • L'employeur doit intégrer le risque routier dans son DUERP et mettre en œuvre des actions de prévention adaptées.
  • La sensibilisation des équipes et l'organisation des déplacements constituent des leviers majeurs de prévention.

FAQ – Les questions fréquentes sur le risque routier dans le BTP 

  • Le risque routier est-il considéré comme un accident du travail ?

    Oui, lorsqu'un accident de la route survient au cours d'un déplacement effectué dans le cadre de l'activité professionnelle (visite de chantier, rendez-vous client, déplacement chez un fournisseur, livraison de matériel, etc.), il peut être reconnu comme un accident du travail. Les accidents survenant lors des trajets domicile-travail relèvent quant à eux de la catégorie des accidents de trajet.

  • Quels contrôles effectuer avant de prendre la route ?

    Avant chaque départ, il est recommandé de vérifier l'état général du véhicule (pneus, éclairage, freinage), la conformité du chargement, l'arrimage des équipements ainsi que les conditions de circulation et de météo.

  • Le téléphone est-il autorisé avec un kit mains libres au volant ?

    Non. Depuis 2015, le port à l'oreille de tout dispositif pouvant émettre du son (oreillette, écouteurs, casque) est interdit en conduisant. Il est recommandé de s'arrêter pour passer ou consulter un appel professionnel.

  • Les engins de chantier sont-ils concernés par le risque routier ?

    Oui. Au-delà des déplacements sur route, le risque routier englobe également les collisions, manœuvres et accidents impliquant des véhicules et engins sur les chantiers.

  • À quelle fréquence faut-il vérifier l'arrimage d'un chargement ?

    L'arrimage doit être contrôlé avant le départ, puis régulièrement lors des trajets longs, notamment après un freinage important, une manœuvre brusque ou un changement des conditions météorologiques.

Sources : 
Ministère du travail – 2024 – L’essentiel du risque routier professionnel

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