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Comment Minerva Oil s’est relevée d'un sinistre majeur ?

En 2017, l’usine Minerva Oil est ravagée par un incendie. Grâce à la mobilisation de ses dirigeants et salariés, et avec l’appui de MMA, la PME redémarre très vite sa production et reconstruit son usine sur un terrain proche du site sinistré, en tenant compte du retour d’expérience.

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« La fidélité et la confiance au-delà des générations »
De gauche à droite Olivier LAFARGE, Martial LAFARGE, Jean MASSY (aujourd’hui disparu) et Frédéric MASSY.
© Nicolas Ravinaud

Les habitants de Meuzac, les salariés et dirigeants de Minerva Oil ne sont pas prêts d’oublier le 26 octobre 2017 : ce jour-là, l'usine qui conditionne des huiles de moteur pour l'industrie, les transports, les engins de travaux publics et agricoles disparaît dans un spectaculaire incendie. L’entreprise familiale vit une catastrophe industrielle en perdant son outil de travail. Il s’agit là d’un événement dont cette PME, installée depuis 1934 dans cette commune du sud de la Haute-Vienne, aurait pu ne pas se relever. L’accident provoque la mort de l’employé d'un sous-traitant qui intervenait régulièrement sur le site. “Sa disparition nous a beaucoup affecté. Car les machines et les bâtiments, on peut toujours les remplacer”, commente sobrement Olivier Lafarge de Minerva Oil. Les élus et habitants de Meuzac s’inquiètent aussi pour l’avenir. En effet, Minerva Oil est un fleuron de l’économie locale : tournée vers l’exportation et le développement de lubrifiants de dernière génération, l’industriel est un important pourvoyeur d’emplois locaux (46 salariés pour un chiffre d’affaires approchant les 28 millions d’euros). Immédiatement Frédéric Massy, Agent Général MMA de Boussac Bonneval, va mobiliser ses équipes pour accompagner son client dans cette situation complexe.

L’assureur présent à toutes les étapes

Les édiles, les dirigeants de Minerva Oil et leur équipe, les pouvoirs publics et l’équipe constituée par l’assureur (inspectrice, gestionnaires, experts) vont se montrer soudés dans l’épreuve. “Nous sommes fidèles à MMA depuis 40 ans et avons pu compter sur notre partenaire dès les premières minutes suivant la catastrophe. Notre agent est d’ailleurs arrivé en même temps que les pompiers”, se souvient Olivier Lafarge, Directeur Général de Minerva Oil.  La mairie s’ouvre quant à elle immédiatement aux dirigeants de la PME qui y tiennent dans les jours et semaines qui suivent leurs réunions de crise avec MMA, les services de l’Etat et leurs partenaires. L'industriel manifeste sa volonté de donner priorité à la reprise rapide de son activité.

Dans cette perspective, la PME qui perçoit 3 millions d’euros d’acompte, se délocalise, à l’aide de deux sous-traitants, à une quarantaine de kilomètres dans la commune de Feytiat sur un site loué. “Par chance, nous avions conservé et stocké à l’écart nos anciennes machines que nous avons pu remettre en service à Feytiat”, explique Olivier Lafarge. MMA finance la remise aux normes et l’aménagement du site provisoire : l’accord est donné sans attendre car le redémarrage rapide de la production est un objectif partagé par l’assureur et son client.  Ces mesures prises dans l’urgence en concertation avec MMA portent leurs fruits : dès le mois de décembre, Minerva retrouve 80% de son chiffre d’affaires : « Il n’est jamais simple de gérer un sinistre mais depuis huit mois nous échangeons quasiment quotidiennement, ce client fait preuve d’une réactivité, d’un volontarisme admirable”, raconte Frédéric Massy, l’Agent Général MMA de Boussac Bonneval.

Parallèlement à la reprise de l’activité, les experts, MMA et l’industriel doivent évaluer de concert l’ampleur des dégâts. A la destruction totale de l’usine s’ajoutent les dommages causés aux habitations voisines. “Au total, le préjudice pour notre client s’élève à 10 millions d’euros hors pertes d’exploitations”, précise Fabienne Pelosi Menesguen, Responsable Matériels Majeurs chez MMA.

Un retour d’expérience indispensable

Après la survenue d’un sinistre majeur, MMA établit systématiquement avec le client et les experts un retour d’expérience permettant de mettre en place de nouvelles mesures de prévention et de protection applicables tant à la phase de reconstruction que d’exploitation.  Cette exigence s’impose d’autant plus à Minerva Oil que son activité est classée ICPE (Installation Classée Protection Environnement). Dans cette perspective, les plans de la nouvelle usine ont donc été validés par toutes les parties prenantes afin de tirer tous les enseignements du sinistre : la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement), le préfet, et bien sûr les experts techniques (expert sinistre et préventeur MMA) ou opérationnels comme les pompiers sont consultés. “Etant moi-même un ancien pompier, je connais leurs impératifs. J’ai beaucoup échangé avec le commandant qui est intervenu lors du sinistre et que nous avons impliqué dans le projet de reconstruction”, détaille Franck Bigot, Ingénieur Expert Préventeur chez MMA.

Dans ce travail de conception d'un nouveau site plus sûr, la difficulté pour Minerva Oil et son assureur tenait au fait qu’ils ne pouvaient bénéficier d’un retour d’expérience précis, la cause de l’incendie demeurant inconnue à ce jour. Un collège de scientifiques et d’experts, dans le cadre de l’expertise judiciaire toujours en cours, continue d’ailleurs de rechercher cette cause et ne sera pas en mesure de livrer son diagnostic avant un an. “Dans 5% à 10% des cas, on ne parvient pas à identifier la cause du sinistre, ce qui est frustrant pour l’entreprise concernée et laisse incomplet le retour d’expérience”, constate Bertrand Poireault, Expert Matériel au cabinet Polyexpert.

Certes, il est difficile d’engager des actions correctrices mais Minerva Oil ne peut attendre le rapport des experts pour agir, d’autant que la construction du nouveau site s'achève. A défaut d’avoir un retour d’expérience précis sur ce point, la PME a donc entrepris avec son Agent Général MMA de réduire les facteurs d’aggravation de ce risque. En l’occurrence, cette démarche a déjà conduit à renforcer l’éloignement et l’isolement des zones dangereuses et à aller bien au-delà de la réglementation des sites ICPE. “Nous avons suivi les recommandations de toutes les parties prenantes en installant par exemple davantage de murs et de portes coupe-feu. Nous améliorons ainsi notre sécurité et anticipons sur un possible durcissement de la réglementation de notre secteur”, se félicite Olivier Lafarge.

Autre précaution importante, l’industriel a négocié avec la mairie l’achat d’un terrain à proximité de la nouvelle usine.  Cette solution permet d'éloigner la nouvelle usine des habitations du centre de Meuzac. Cela complète le retour d'expérience de la catastrophe industrielle de 2017 dont la page, sur le plan économique, sera définitivement tournée lors de la réception du nouveau site.

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Article réalisé en partenariat avec Le Figaro Entrepreneurs.