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Travail de nuit dans le BTP : quelles mesures pour préserver la santé de vos salariés ?

Le secteur du BTP est un domaine où les risques sont nombreux. La nuit, ils sont démultipliés. Heureusement, des solutions existent pour améliorer les conditions de travail de vos salariés qui officient entre 21 heures et 6 heures. Revue de détails.

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Manque de visibilité, froid, fatigue... les dangers sont nombreux sur un chantier la nuit.
©Chasdesign iStock by Getty Images

Troubles du sommeil, somnolence, baisse de la concentration, anxiété, dépression voire même maladies cardiovasculaires... Selon l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles (INRS), le travail de nuit est à l’origine de nombreux problèmes de santé. Surtout, l’activité nocturne sur un chantier est source de nombreux dangers. Leurs causes : le manque de visibilité, le froid ou tout simplement la fatigue.

Pour pallier ces différents risques, la loi prévoit plusieurs dispositions : visite médicale obligatoire, repos compensateur, compensation financière, compte pénibilité... Mais au-delà de l’aspect règlementaire, il existe plusieurs bonnes pratiques qui vous permettront d’améliorer sensiblement les conditions de travail de vos salariés de nuit.

Un éclairage optimal

Augmentation du risque d’erreurs, fausses manœuvres ou encore non-perception par vos salariés d’un danger... Sur un chantier nocturne, un mauvais éclairage peut avoir de lourdes conséquences. Voilà pourquoi il est indispensable que celui de votre chantier soit le plus efficient possible. 

Pour vous en assurer, commencez par déterminer toutes les zones à éclairer (postes de travail, zones de circulation intérieures et extérieures, voies ou issues de secours réservées au personnel, obstacles et dangers présents sur le terrain...). Ensuite, définissez la puissance d’éclairage pour chacune des zones identifiées. Dans leur ensemble, les spécialistes du secteur préconisent la mise en place d’une puissance lumineuse de 40 lux lorsque des salariés travaillent sur un échafaudage. Dans le cas où des engins de chantier et/ou des matériels spécifiques (machine de projection, découpeuses, etc.) sont utilisés, une puissance de 100 lux est alors vivement recommandée.

Pour être sûr de faire le bon choix et garantir à vos salariés un niveau de sécurité maximal, n’hésitez pas à vous rapprocher d’une société spécialisée dans l’éclairage de chantier.

La mise à disposition de douches temporaires

Si la réglementation vous impose d’installer au minimum un WC pour 20 salariés, rien ne vous oblige en revanche à installer une cabine de douche(1). Elle améliorera pourtant grandement le confort de vous salariés. En hiver, elle leur permettra de se réchauffer avant de regagner leur domicile. En été, elle les aidera à se sentir mieux après une nuit de travail étouffante. 

De nombreuses sociétés proposent de type de matériel à la location. La plupart s’occuperont de son installation, sa désinstallation, son entretien et sa maintenance.

L’installation de locaux chauffés

Hormis l’été, la nuit, le thermomètre dégringole. Or, le froid chez vos salariés du BTP peut occasionner des engourdissements, l’apparition de gelure ou encore le développement de troubles musculo-squelettiques (TMS). D’où l’importance que vous mettiez à leur disposition des locaux chauffés. De cette manière, ils profiteront de leur pause dans des conditions optimales. Lors des périodes de grands froids, ils pourront prendre quelques minutes pour se réchauffer s’ils en éprouvent le besoin.

 

Des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés 

Pour assurer leur sécurité, il est indispensable que vos salariés de nuit soient parfaitement visibles. Pour ce faire, équipez-les de vêtements à haute visibilité.

Pour rappel, ces derniers, pour être parfaitement efficaces, doivent être dotés d’un support fluorescent ainsi que d’éléments rétro-réfléchissants. Ils doivent également être conformes à la norme NF EN 471(2) et de classe 3 (niveau de visibilité maximum).

Ainsi équipés, vos salariés seront parfaitement visibles. Ce qui, dans le cadre d’un chantier impliquant plusieurs entreprises, leur permettra de réduire drastiquement les risques engendrés par la co-activité.

(1) Sauf en cas de présence de plomb ou d’amiante sur le chantier.
(2) Cette norme définit les caractéristiques et les performances des vêtements à usage professionnel pour le personnel à pied.

Spécificités du travail de nuit

Depuis le 1er juillet 2018, les ouvriers du bâtiment travaillant la nuit bénéficient de plusieurs spécificités. Parmi elles : 

  • L’augmentation du contingent d’heures supplémentaires (porté à 265 heures par an ou à 300 heures pour les salariés dont l’horaire n’est pas annualisé contre, respectivement 145 et 180 heures) ; 
  • Une indemnité de repas (pour les travailleurs dans l’impossibilité de regagner leur domicile) ; 
  • Un nouveau calcul des indemnités de déplacement (elles ne sont désormais plus mesurées par rapport à la distance « à vol d’oiseau » mais par rapport aux kilomètres réellement parcourus) ; 
  • Une pause obligatoire de 30 minutes pour un poste de nuit d’une durée égale ou supérieure à 6 heures. 
  • La durée maximale de la période d’essai, qui était fixée à 3 semaines, est désormais de deux mois. 
© Wavebreakmedia/Thinkstock
Assurance Multirisque professionnelle MMA BTP :
Pour protéger votre responsabilité civile

En cas d’accident de travail d’un de vos salariés, si vous ne lui avez pas remis d’équipements de sécurité ou si vous ne contrôlez pas qu’ils le portent, vous pourriez être mis en cause pour faute inexcusable de l’employeur. L’assurance de la faute inexcusable de l’employeur est proposée dans votre contrat Multirisque Professionnelle MMA(1). Parlez-en à votre Agent Général MMA. 

(1) Dans les conditions, limites et exclusions de garanties fixées au MMA BTP.