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Pros du BTP : soignez la qualité acoustique de vos travaux

Comment maximiser le confort sonore d’un bâtiment ? Conception, choix des matériaux, mise en œuvre… L’acoustique concerne tous les métiers du BTP et intervient à toutes les étapes d’un projet de construction ou de rénovation.

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L’acoustique dans le BTP implique de prendre en compte de nombreuses spécificités.
© iStock

La qualité acoustique : vous y pouvez quelque chose

Le confort acoustique est un élément important de la qualité de vie. Pour 90 % des Français, le bruit est même un enjeu de santé publique(1). Bruits de voisinage, vrombissement des véhicules sous les fenêtres, bourdonnement des appareils électroménagers dans le logement… Les nuisances sonores peuvent entraîner des troubles de la vigilance, de l’attention, de l’apprentissage, et affecter la santé en générant stress, troubles du sommeil.

En tant que professionnel du BTP, vous pouvez beaucoup pour l’isolement phonique et la qualité acoustique des bâtiments.

(1) Source : enquête Ifop-JNA 2016.

Une nuisance sonore à plusieurs sources

La réglementation relative à l’acoustique du bâtiment distingue cinq catégories de bruits sur lesquels vous pouvez agir pour offrir aux occupants une acoustique optimale à l’issue des travaux :

  • le bruit aérien intérieur : voix, musique, télévision…
  • le bruit de choc, dit aussi « d’impact » : pas, chutes d’objet, raclement de chaises…
  • le bruit d’équipement : chaudière, ventilation mécanique contrôlées - VMC -, robinetterie, chutes d’eau, ascenseurs, etc.
  • le bruit aérien extérieur : activités extérieures des voisins, transports routier et aérien…
  • la réverbération dans les parties communes.

Ainsi, déterminer la ou les sources de bruit et comprendre leur mode de propagation est capital dans la construction, car c’est à partir de cette analyse que vous pourrez concevoir ou améliorer l’acoustique du bâtiment.

Confort acoustique : à quelles phases du projet y penser ?

Architecte, bureau d’études, maçon, électricien, plaquiste, chauffagiste, etc. : tous les professionnels ou presque qui interviennent sur le chantier de construction ou de rénovation ont leur rôle à jouer en faveur de la qualité acoustique finale. Retenez donc en premier lieu que chaque étape de la construction participe au confort sonore final :
 

  • La conception du projet de construction ou de rénovation.

Par exemple, l’implantation du bâtiment dans la parcelle et l’orientation de ses façades doivent être pensées par rapport aux sources de bruit extérieures identifiées, qu’elles soient ponctuelles (usine, boîte de nuit) ou continues (voie ferrée, route). Il est ainsi préférable de renforcer l’isolation acoustique d’une façade très exposée au bruit généré par des bâtiments industriels. Les pièces à vivre seront disposées du côté opposé, les fenêtres étant l’un des principaux points faibles de l’isolation des bâtiments aux bruits extérieurs.

  • Le choix de matériaux adaptés et performants.

Les sols souples (sols plastiques, sols textiles) sont recommandés pour limiter les bruits de choc. Néanmoins il faut rester attentif sur leur durabilité et sur leur éco responsabilité (réduction des émissions de COV (composés organiques volatiles).

D’où l’intérêt de se tourner vers des produits certifiés – selon le classement UPEC (U comme usure, P comme poinçonnement, E comme eau, C comme chimie) et les normes NF –, audités et contrôlés sur l’ensemble de ces caractéristiques.

Ainsi, à chaque sévérité d’usage correspond un classement UPEC adapté. Il n’y a pas de cas standard. Le produit attendu devra avoir une efficacité acoustique adaptée  au bruit de choc: ΔLw, qui correspond à l’affaiblissement acoustique (amortissement) sous le local d’émission du bruit et qui s’exprime en décibels. Plus elle est élevée, meilleure est la performance du produit.

  • La mise en œuvre qui doit être strictement conforme aux instructions techniques émises par le fabricant des matériaux.

Une règle générale simple : là où l’air passe, le bruit passe. Soyez donc vigilant pour tout ce qui concerne les prises électriques, canalisations, raccords et joints… On évitera par exemple de percer deux cloisons en vis-à-vis, ce qui créerait un passage conducteur des bruits.

Le saviez-vous ?

Quatre organismes incluent l’acoustique dans leurs certifications de produits :

  • Acermi est l’Association pour la certification des produits isolants ;
  • Acotherm est un label de certification pour les menuiseries et le vitrage ;
  • NF, la marque collective portée par l’Afnor, atteste de la conformité d’un produit ou service à des caractéristiques de qualité et de sécurité ;
  • QB, comme Qualité pour le Bâtiment, est la marque de certification du Centre scientifique et technique du bâtiment.

Une boîte à outils à disposition

Pour aider les professionnels du bâtiment à adopter les bons gestes, le Centre d’information et de documentation sur le bruit met à disposition une vingtaine de fiches pratiques classées par métier – on y trouve des précautions simples, des alertes à certaines idées reçues, mais aussi des schémas et exemples - ou par thématiques transversales – par exemple les notions d’acoustique - sur son site bruit.fr.

Se faire certifier en tant que professionnel

Démarche volontaire, la certification est un gage de qualité et d’expertise.

Portée par l’association Qualitel, la certification NF Habitat-NF Habitat HQE™ est une référence en matière de qualité et de performance du logement et de l’habitat durable. Preuve de la qualité technique délivrée, elle permet notamment de gagner en visibilité, en satisfaction client et en compétitivité.

Dans le domaine de l’acoustique, le processus de certification va de l’accompagnement en amont des travaux, aux contrôles par mesure en niveau de décibels en fin de chantier, avec des points d’attention sur la conception, le choix des matériaux et les procédures de construction  :

  • des façades ;
  • du plancher entre logements ;
  • des jonctions façades-planchers-murs ;
  • du doublage intérieur des façades, etc.

Pour en savoir plus, consultez www.nf-habitat.fr

Avis d'expert

Albert Bacqueville, Expert sinistres MMA

« Sur l’existant, l’origine des désordres peut résulter : de la substitution d’un matériau référencé par un autre matériau n’offrant pas tout à fait les mêmes caractéristiques, de l’installation de nouveaux équipements (chaudière, pompe à chaleur,…), de la modification de distribution ou de changement de destination des locaux, de travaux de rénovation énergétique. Ce dernier point est important, car il peut laisser présager d’une montée de contentieux dans ce domaine. En effet, les travaux d’amélioration de l’isolation thermique peuvent avoir des répercussions négatives sur la qualité acoustique. Par exemple, le bruit interne à un immeuble, comme le fonctionnement de la cage d’ascenseur, jusqu’alors non audible, peut le devenir à la suite de travaux d’isolation par l’extérieur et le remplacement des menuiseries extérieures. Ces travaux réduisent la transmission du niveau sonore extérieur et augmentent le niveau sonore ambiant de l’immeuble : le bruit de l’ascenseur devient audible et gênant pour les occupants. Sur le neuf, le désordre peut résulter d’un non-respect d’une obligation règlementaire, constaté avant ou après réception, mais aussi bien sûr d’un mauvais choix de matériau ou de matériel, et enfin d’un défaut de mise en œuvre. Un bureau d’études acoustique est vivement recommandé, même s’il a un coût. En cas d’absence d’un BE acoustique, l’économie réalisée n’est rien face aux enjeux d’un désordre acoustique.  »

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