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Nuisances sonores en entreprise : comment mieux s’entendre ?

Qu’il s’agisse du bruit des machines ou des conversations des collègues, les nuisances sonores au travail sont multiples, mais les solutions aussi. À la clé : plus de confort et plus de productivité.

nuisances sonores travail

Les nuisances sonores en entreprise sont multiples, les solutions pour les réduire aussi.
© Shutterstock

« Le bruit au travail est estimé dangereux au-delà de 80 décibels (dB), en moyenne, sur 8 heures par jour. À partir de ce seuil, l’employeur doit informer les salariés de cette nuisance », explique Valérie Rozec, psychologue de l’environnement au Centre d’information et de documentation sur le bruit. Les informer, c’est déjà les rassurer et leur permettre de se protéger, en arrêtant les machines bruyantes à chaque fois que c’est possible, en s’en éloignant ou en limitant les activités dans des environnements bruyants, notamment en dehors du travail.

Au-dessus de 85 dB, le risque de perte auditive est réel et l’entreprise a l’obligation de mettre en place des moyens pour protéger les travailleurs (voir notre dossier). D’ailleurs, une surdité causée par le bruit au travail est considérée comme maladie professionnelle depuis 1963. Pourtant, la proportion de salariés exposés à de tels niveaux sonores s’est accrue, de 13 % en 1994 à 20 % en 2010(1).

Bruit et nuisances sonores : tous les travailleurs sont concernés

Les niveaux sonores élevés concernent surtout les ateliers, mais le secteur tertiaire n’est pas épargné par le bruit et ses nuisances : si 66 % des ouvriers estiment travailler dans un environnement bruyant, c’est aussi le cas de 26 % des cadres et des personnes exerçant une profession intellectuelle supérieure(2)Et le bruit n’affecte pas que nos oreilles. Même à faible dose, il peut provoquer irritabilité, stress, augmentation de la tension artérielle, troubles du sommeil ou de la digestion…

Petits bruits, grandes nuisances

« La perception sonore est un phénomène complexe, décrit Valérie Rozec. On peut par exemple être stressé par une goutte d’eau qui tombe à 40 dB et être détendu par le son d’une cascade à 90. »

Entre collègues, ces nuisances sont d’autant plus mal supportées qu’elles sont évitables : 81 % des travailleurs considèrent que gêner la concentration d’un autre constitue une incivilité au travail et 40 % d’entre eux disent le vivre chaque semaine(3). Le bruit cause alors des difficultés de concentration dans les tâches complexes, de compréhension dans les conversations et fait perdre en efficacité aux travailleurs.

Étouffer les bruits

Agir sur les sources de bruit est la première chose à faire. L’Institut national de recherche sur la santé et la sécurité au travail (INRS) propose des solutions simples : dans l’industrie par exemple, installer des lames de caoutchouc pour amortir la chute d’objets dans un réceptacle, ou choisir le rivetage par pression, tout aussi rapide et pas plus coûteux que le rivetage par choc, mais presque silencieux. On peut aussi installer les engins bruyants sur des tapis antivibrations, les entourer de coffrages ou les isoler derrière une cloison.

Au bureau comme en atelier, on peut recouvrir murs et plafonds de matériaux absorbeurs de sons et multiplier les cloisons, demi-cloisons… Pour qu’une nuisance extérieure ne vienne pas s’ajouter au bruit ambiant, il existe également des vitrages thermo-acoustiques. Mais paradoxalement, rajouter du bruit peut parfois rendre l’environnement sonore plus apaisant : ainsi, le « ronron » d’une ventilation couvrira agréablement des bruits de circulation routière.

Les protections individuelles (casques, bouchons d’oreilles) ne s’utilisent qu’en dernier recours, car elles ne sont pas toujours efficaces et souvent inconfortables. Qui plus est, elles limitent la communication des salariés et leur perception de l’environnement. Sans compter que les plus âgés comprennent parfois mal qu’on leur impose ces contraintes qui n’existaient pas avant, tandis que les plus jeunes ne prennent pas assez au sérieux le risque qu’ils font courir à leur santé.

À noter que la médecine du travail peut aider à analyser ces nuisances sonores et à trouver les moyens d’y remédier. Et finalement, tout le monde y gagne : les salariés en confort de travail, et l’employeur en performance de ses équipes.

Ce qu’il faut retenir

  • Le bruit est nuisible quand il est trop fort, trop longtemps, trop désagréable.
  • Le bruit peut affecter l’audition, mais aussi causer stress, irritabilité, insomnies, troubles digestifs et cardiovasculaires.
  • Il est plus efficace de réduire le bruit que de porter des protections individuelles.
  • Réduire le bruit, c’est améliorer la qualité de vie au travail et la productivité des travailleurs.
  • La surdité est considérée comme une maladie professionnelle depuis 1963.

Complémentaire Santé collective

Si vous employez un ou plusieurs salariés, vous avez l'obligation de leur proposer complémentaire santé collective.

Complémentaire Santé collective

Pour en savoir plus

www.bruit.fr, le site de l'association Centre d’information et de documentation sur le bruit, fournit des informations pratiques pour réduire et maîtriser les bruits.

Sources :

(1) Enquêtes SUMER (surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), copilotées par la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) et la DGT (direction générale du travail, service inspection médicale du travail).
(2) Baromètre santé environnement de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), 2007.
(3) Enquête « Incivilités au travail : le vécu des français », du cabinet Eleas, spécialisé en management et prévention des risques psychosociaux en entreprise, 2014.