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Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Exploitants agricoles : réflexions et méthode avant de s’associer

Que l’on soit exploitant individuel ou déjà en société, les raisons d’envisager de se regrouper peuvent être nombreuses. Pour un projet qui vous engage, mieux vaut prendre le temps de la réflexion et séquencer votre démarche avec méthode.

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C’est parce que vous partagez des objectifs compatibles qu’un projet agricole collectif est envisageable.
©www.shutterstock.com

« Je ne souhaite plus travailler seul, l’astreinte quotidienne me pèse » ; « je ne veux plus décider seul et porter toutes les responsabilités » ; « pour réduire mes coûts, je dois mutualiser les moyens de production » ; « mon associé part en retraite dans 5 ans, pas de successeur, il faut que j’anticipe… » ; « j’ai envie de diversifier les activités de mon exploitation » ; « au contraire, je veux me spécialiser dans certaines tâches qui me plaisent vraiment dans mon
métier d’agriculteur »…

Savoir pourquoi s’associer en agriculture

La première étape est bel et bien de se centrer sur soi ! Votre projet professionnel fait partie de votre projet de vie. Aussi est-il important de commencer par définir quels sont vos propres enjeux à travers ce projet de regroupement. Ce sera le point de repère qui permet d’avancer en gardant le cap dans les périodes difficiles. Et parce qu’écrire permet de mieux construire sa pensée, pourquoi ne pas écrire les réponses à un ensemble de questions du type : Quel est mon projet personnel ? Quel est mon projet professionnel ? Qu’est-ce que ce projet m’apportera ? Qu’apportera-t-il à ma famille ? Qu’est-ce que j’attends de ce projet ? Qu’est-ce que j’ai à gagner dans la réalisation de ce projet ? Qu’est-ce que j’ai à perdre ? Que suis-je prêt à perdre ?

Une fois que vous avez fait le point sur vos objectifs personnels, vous êtes en mesure de les exprimer clairement. Il est alors temps de les partager.

Partager ses objectifs avec ses futurs associés

C’est parce que vous partagez des objectifs communs ou tout du moins compatibles qu’un projet agricole collectif est envisageable.

Ce deuxième temps doit permettre à chacun d’exprimer ses attentes, ses besoins, ses envies et, bien évidemment, d’écouter celles des autres. Ce travail permet finalement de mesurer la compatibilité des objectifs pour bâtir un projet commun cohérent dans lequel chacun pourra se retrouver. À ce stade, l’aide d’une tierce personne, externe au projet, peut apporter un cadre et une méthode qui permettront, d’ores et déjà, de préciser les finalités du projet et d’élaborer les premières règles de fonctionnement de la future société.

Votre projet a toutes les chances d’être une réussite s’il est bâti en cohérence avec les objectifs de chacun tout en tenant compte, bien sûr, du potentiel de production des structures agricoles regroupées.

Analyser les potentiels et identifier les synergies

L’objectif est de bâtir un projet dans lequel seront valorisées les complémentarités des structures regroupées. Pour cela, vous devez prendre du recul pour analyser le potentiel du regroupement, en commençant par un diagnostic « interne ». 

« Quels sont vos moyens de production ? » : l’analyse du potentiel 
Sol, bâtiments/équipements et main-d’œuvre : vous devez vous interroger sur les complémentarités, évolutions possibles et sur le « seuil de saturation ». Au-delà de quel niveau de production ne pourrez-vous pas aller, parce qu’un des moyens de production sera à saturation ? 

« Quelles sont vos marges de manœuvre ? » : l’analyse technico-économique
Analyser vos pratiques en utilisant des indicateurs clés (coûts de production notamment) vous permettra d’identifier vos marges de manœuvre, les points forts et les points faibles de chacun pour définir vos choix techniques et vos objectifs concrets.

« Quelle est votre capacité de résistance ? Pouvez-vous investir ? » : l’analyse financière
La réponse à ces deux questions passe par l’analyse des bilans dans laquelle votre conseiller peut vous accompagner.

Et parce que vous n’êtes pas seul au monde…

Ce diagnostic n’est pas suffisant pour définir votre stratégie, parce que vous êtes au cœur d’un environnement avec lequel vous êtes en interaction.

Aussi, faut-il prendre le temps d’un diagnostic « externe » qui portera sur trois grands domaines.

  1. Le marché, les filières
    « Que veut le marché ? Qui sont vos clients ? Qui consomme vos produits ? Atouts / faiblesses / opportunités de vos filières ? Qui sont vos concurrents ? ».
    Autant de questions indispensables à la construction de votre stratégie. Peut-être serez-vous amené à choisir un partenaire plutôt qu’un autre (cas des producteurs de lait notamment). Autant bien connaître ceux-ci, ainsi que votre marché, pour ne pas vous tromper !

     
  2. Le réglementaire
    Normes environnementales, chartes et contrats impacteront inévitablement vos choix.

     
  3. Le territoire
    Reste à penser à vos partenaires locaux (clients / fournisseurs / banques / voisins...) qui peuvent être concernés par votre projet et qu’il faut intégrer dans votre réflexion. Des synergies externes au groupe sont peut-être
    à rechercher !

Article réalisé en partenariat avec Cerfrance

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Entre associés, êtes-vous compatibles au quotidien ?

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